Tu seras maire, mon fils/ma fille

Nous avons vu comment se fabrique une liste municipale, et intercommunale. Mais n’est-il pas intéressant de se demander qui est la tête de liste, comment ce choix a été arrêté. Et comment concilier la priorité affichée de faire participer les citoyens et la décision très personnelle de se présenter en chef de file ?

Des qualités attendues

Le plus simple, c’est de renvoyer au portrait du maire idéal que donnait F. Goulard dans Ouest-France du 11 janvier : « La priorité est d’avoir la personnalité adéquate pour porter un projet. Quelqu’un qui soit un animateur, un meneur qui sache conduire dans la durée. »

Pour notre commune, il faut aussi quelqu’un qui puisse porter la voix de Questembert à la communauté de communes, au pays de Vannes. Car ce sera un des enjeux du prochain mandat.

Lourde à porter, dit-on, mais si convoitée

Vous regarderez sûrement avec attention la composition des listes, vous vous demanderez qui est à la hauteur des responsabilités à assumer. Demandez-vous aussi pourquoi la tête de liste est à cette place. Voici quelques réflexions qui peuvent vous être utiles.

Je veux bien être votre tête de liste !

L’histoire remonte à 1989, c’est lointain, mais significatif. Après une belle carrière militaire puis de responsable administratif, Bernard Thomyre, un « vieux » Questembertois revient au pays. Il veut mettre son expérience et son dynamisme (indiscutables) au service de Questembert. Noble ambition. Il monte une belle opération de communication pour la ville, le symposium de la plasturgie. Pour les municipales, il offre ses services à ceux dont il est sans doute le plus proche… mais il revendique la tête de liste. Ce sera non ! Je suis à l’époque responsable de la section PS de Questembert (c’est l’époque du congrès de Rennes, si vous voyez ce que je veux dire) Il m’invite dans sa résidence : « Je veux bien partir avec la liste de gauche, mais je serai tête de liste. » Il a fini par monter une liste… et par gagner l’élection de 1989. Son bilan est mitigé, mais reconnaissons qu’il a fait prendre conscience à tout le monde que la situation financière de la commune à l’époque était catastrophique et qu’il a en partie redressé cette situation. Spécialiste du logement social, il a réalisé la résidence Louis Thomas pour les personnes âgées autonomes, et, suite à la création du lycée d’enseignement général, il a construit la salle de Sports n°2 (Salle Roger Caret)

Je veux être élu !

Si l’on comprend l’ambition de Bernard Thomyre, et si on comprend facilement que les groupes locaux structurés ne pouvaient si facilement lui céder le leadership, il y a d’autres cas où l’ambition est vraiment au-delà des capacités. Je laisserai les lecteurs trouver des exemples concrets. Mais j’en ai plusieurs en tête. Tel candidat, se prenant peut-être pour le messie, veut purger la ville à la fois des petits bourgeois endormis et des « socialo-communistes ». Il parle bien, a suivi un cursus universitaire (sans doute un peu gonflé) et réussi à rassembler une liste complète… dont, par charité, je ne dirai rien. (dites à monsieur l’abbé que je pratique quelquefois cette vertu).

N’étant pas dans le secret des consciences, ne disposant pas non plus d’un cabinet noir pour espionner ce qui se passe dans les cénacles qui préparent les municipales, je ne saurai pas dire comment les plus actifs de l’opposition d’avant 2014 ont pu se retrouver sur la touche, ni comment l’union sacrée des conservateurs et des bien-pensants n’a pu se réaliser cette année. Je vous laisse sur ce point à vos réflexions et à vos interrogations.

La décision de l’appareil du parti, ou du parrain local

Il peut arriver aussi que les appareils partisans ou le parrain local (à l’échelle du département par exemple) imposent leur choix ! Sans remonter à de trop vieilles histoires, Jean de Kerangat avait toutes les cartes en main pour devenir conseiller général du canton de Questembert en 1973, mais M. Marcelin en a jugé autrement et son éminence grise Caroff a fait ce qu’il fallait pour faire élire Jo Briend.

Evidemment, les partis qui se trouvent en phase de conquête essaient de repérer les meilleurs candidats pour faire avancer leurs pions… C’était vrai hier – je peux en témoigner – c’est encore vrai aujourd’hui. Là bien sûr, je parle de partis structurés et pas de mouvance intellectuelle, comme peuvent l’être au niveau local l’écologie ou l’éventail social-démocrate.

Leadership dans le groupe

Dans les groupes engagés dans la vie locale, apparaissent « naturellement » des leaders qui, au départ en tout cas, ne manifestent pas d’ambition particulière… Et puis, le groupe se dit : « ce serait bien que nos idées soient présentes dans la gestion municipale ». Les questions arrivent : qui peut ; qui veut ? Et voilà une candidature qui émerge, et qui peut-être va rencontrer les attentes des électeurs.

Le Loup devenu berger

Tout ce que je vous ai dit jusqu’ici concerne des gens plutôt sincères, avec leurs ambitions, leurs capacités (ou non!), leur insertion dans la vie locale… Mais il y a une dernière catégorie qui me met très mal à l’aise : ceux qui avancent masqués, sans dire qui ils sont vraiment, quelles idées les guident dans leur projet.

Amateur des fables de La Fontaine, je vous invite à lire et à méditer Le Loup devenu Berger. C’est éclairant.

(Institut de France)

Faire une liste municipale et communautaire

A voir les listes qui sont publiées ces jours-ci ou dont l’accouchement officiel aura lieu au plus tard jeudi 27 février, on se dit que ça doit être facile puisqu’à Questembert, par exemple, 90 personnes ont accepté de mettre leur nom, ou au contraire, que c’est difficile puisque dans certaines communes, il n’y a qu’une liste..

Déposer la liste en préfecture, dernière étape

Avant 18 heures, jeudi ! Ouf la liste est complète, et la tête de liste – ou le mandataire – vient la déposer. Trop facile ? Oui, si on veut… Allez voir le site officiel du Ministère de l’Intérieur.

Oui, il y a le CERFA x, le CERFA y, les pièces justificatives…

Construire la liste, un peu un casse-tête

Un homme/une femme ou vice-versa, c’est désormais acquis, mais c’est encore difficile. Tâcher de représenter toutes les catégories d’âge et de profession, d’avoir des colistiers des différents secteurs de la commune, actifs dans les associations, etc. Ne pas oublier la famille X et la famille Y, gros réseaux d’influence. Les contraintes s’accumulent. Ajoutez à cela ceux qui disent oui, mais posent des conditions : « je veux un poste d’adjoint » « s’il y a untel, je n’y vais pas » ou qui vous disent : « je veux bien mais comme tête de liste ! ». Si, si, j’ai vu ça !

Classer la liste : trois blocs

Bon, vous y êtes arrivé : vous avez vos 23 ou 29 noms. Vous allez organiser votre liste d’abord en 2 parties : ceux qui seront au conseil en cas de victoire, soit au minimum 22 sur 29 et ceux qui viendront suppléer les départs (il y en aura forcément) au cours du mandat. Pour le premier groupe, vous attendez un engagement fort, parce que vous allez devoir faire les choses ! Mais les autres ne sont pourtant pas là pour la déco, pour « compléter », car il faudra qu’ils soient prêts le cas échéant. C’est aussi dans le premier groupe que se trouveront les adjoints, les délégués au conseil communautaire. Et l’ordre de publication devra être significatif pour les électeurs.

Mais il vous faut aussi penser à ceux qui devront rester au conseil municipal si votre liste est battue, les 5 ou 6 qui devront porter la parole de la minorité, une parole qui sera peut-être bafouée, ridiculisée, huée même parfois. Mais ils devront aussi porter un regard critique sur l’action de la majorité, sans tomber dans le dénigrement, car ils prépareront l’alternance pour le mandat suivant. Pas la peine donc de mettre en queue de liste les anciens, fussent-ils des gens très honorables : quel intérêt y a-t-il par exemple à faire entrer au conseil vers la fin du mandat un vieux monsieur ou une vieille dame de 75 ou 80 ans ?

Des indications précieuses aussi pour les électeurs

Le jeu de rubik’s cube est terminé ! La solution, la liste publiée, est riche d’indications pour les électeurs. Qui va assumer les responsabilités dans le futur conseil ? Les adjoints potentiels, qui sont-ils ? Ont-ils montré leurs compétences, leur investissement dans la vie locale ? Toute une série de questions qui peuvent éclairer votre choix pour le 15 mars.

A la fin des années 70, Alain Peyrefitte évoquait Georges Marchais en disant « un homme qu’on hésiterait à prendre en autostop. » Et pour discréditer Richard Nixon face à Kennedy en 1960, ses adversaires avaient diffusé le message ci-dessous. D’accord, il ne faut pas juger sur la mine, mais il vaut mieux connaître les gens à qui vous allez donner les clés.

Vous lui achèteriez une voiture d’occasion?


Histoire du patrimoine, bureau des légendes, ne pas confondre

Le patrimoine avait droit à plusieurs pages de Questembert-Le Mag n°13 janvier-février. Des pages intéressantes et bien illustrées. Et les auteurs soulignent qu’à côté des vieilles pierres, des chapelles et maisons anciennes notre patrimoine est aussi « naturel » et même « immatériel ». Mais sans approfondir le sujet. Manque de place.

Notre héritage, notre bien commun

Tout cela constitue notre héritage, notre richesse commune, et nous devons collectivement entretenir, maintenir, réparer ces traces du passé. Logique donc que la municipalité s’y engage, mais aussi les comités de chapelle et autres associations, avec le soutien technique et financier du département, de la région, de l’Etat, sans oublier de solliciter quand c’est possible les fonds européens.

En d’autres temps, j’avais rappelé quelques principes sur la conservation du patrimoine. A tenir loin des fantasmes du folklore, et je me réjouis que le bulletin municipal aborde le sujet avec sérieux. Je me permets de formuler quelques regrets : quelles actions la municipalité a-t-elle réalisées au cours des 6 dernières années pour la conservation ou la restauration du patrimoine ? Qui se préoccupe du retable de bois de la chapelle du Bodan qui s’empoussière dans les réserves communales ? Qui parle encore de l’escalier intérieur de la Tour Belmont dont la restauration avait été liée à la réhabilitation de l’hostellerie Le Guennego et qui peut s’y intéresser maintenant que le rez-de-chaussée de ce bâtiment a été privatisé ?

Quoi que dise M. Diego Mens qui travaille au conseil départemental (direction de la culture), nous n’avons pas à proprement parler de rues médiévales à Questembert (il parle de maisons du 15ème au 18ème siècles), mais nous avons des constructions plus récentes qui mériteraient qu’on s’y intéresse. Tout cela pourrait justifier un inventaire du patrimoine qui pourrait d’ailleurs se faire au niveau de la communauté.

Pour le patrimoine naturel, la communauté pourrait s’engager dans un « atlas de la biodiversité intercommunale » comme d’autres collectivités s’y sont engagées. Et localement, nous avons déjà l’expérience de la zone Natura 2000 de la vallée de l’Arz.

Sans oublier les travaux conduits pour le projet Coulée verte autour de Célac, un projet qui a été abandonné.

Les traces du parler gallo, les pratiques anciennes autour des sonneries de bassin (à la St-Jean), mais peut-être aussi les cantiques parodiques chantées aux Rogations, pourraient être recensés dans notre « patrimoine immatériel ».

Il y a à faire, mais…pas le bureau des légendes.

Ces quelques observations donnent des pistes à suivre. Mais ne prenons pas non plus de fausses routes, ne confondons pas l’histoire de notre patrimoine avec le « bureau des légendes ».

Une plaque commémorative pour un événement qui n’a peut-être pas eu lieu

Inutile donc de s’acharner à marquer la trace de la victoire d’Alain le Grand sur les Vikings dans une bataille qui n’a peut-être jamais eu lieu, ou peut-être ailleurs. Pourquoi marquer d’une plaque qui coûte 185 Euros un événement hypothétique ? Et que dire du « chapitret » de la rue St-Martin ? oui, c’est un curieux bâtiment, on peut même l’appeler « chapitret », si vous en trouvez une définition un peu solide, mais il ne faut pas raconter que c’était une sorte de tour de guet où vivait au 14ème ou 15ème un gardien. L’histoire est belle… mais le bâtiment n’était pas construit en 1825 quand a été établi le premier cadastre « napoléonien. »

Le cadastre de 1825

On peut raconter de belles histoires… mais ça ne fait pas l’Histoire.

Mosaïque et Esperluette, deux chorales en concert à Questembert le 6 mars

Vendredi 6 mars, à 20h30, à l’église de Questembert la Chorale Mosaïque (Questembert-Muzillac) accueillera la chorale Esperluette de Ploermel pour un concert en commun.

Si la chorale Mosaïque est bien connue à Questembert, à Muzillac et dans les environs, c’est la première fois qu’on entendra Esperluette chez nous. Avec les chorales de Malestroit (Amadé’Oust ) et de Taupont (A Travers Chants), Esperluette fait partie de l’association Philomèle dirigée par Catherine Aubert. Son répertoire comporte des chants de tous les pays, dans toutes les langues. Pas étonnant que le concert s’achève par deux chants en commun Tibie Païom (un morceau de la liturgie orthodoxe) et N’kosisikeleli Africa (l’hymne national d’Afrique du Sud, qu’on a entendu dans le film de Clint Eastwood, Invictus.)

Leur réputation leur avait permis de participer au festival international Polyfollia à St-Lô en 2014 (festival aboli dès cette année-là, comme c’est bizarre.) Ci-dessous, un exemple de leur travail plus récent (2017).

Le répertoire de notre chorale Mosaïque, qui a fêté ses trente ans en 2017, est plus orienté vers les chants sacrés, même s’il y a des incursions vers des airs profanes français et étrangers. Le 15 novembre dernier, à l’invitation de l’Association des Orgues de Questembert, la chorale, appuyée par l’organiste Mickaël Gaborieau, a chanté la Messe Brève n°7 de Charles Gounod. Un grand moment pour le public, mais aussi pour les choristes et la cheffe de Choeur, Anne Bien.

Donc à vos agendas : vendredi 6 mars, 20h30, à l’église de Questembert.

Affiche du concert du 6 mars 2020

Apolitique, sans étiquette?

Certains craignaient qu’il n’y ait plus de candidats pour les élections municipales. Ces jours-ci, les annonces se multiplient : déjà 3 listes annoncées Questembert, mais aussi 2 à Berric, 2 à Molac. Mais aussi, bien des communes où il n’y aura qu’une liste… et même, comme à Houat, ces jours-ci, personne ne semble prêt à accepter le poste de maire. Et la plupart du temps, les listes se disent « sans étiquette », « apolitiques ». Autrefois, ces listes s’appelaient « défense des intérêts communaux ».

Ça ne trompait pas grand monde

Ces appellations « neutres » ne trompaient pas grand monde, ni les services de l’Etat qui classaient les listes sur l’arc-en-ciel des tendances politiques, ni les caciques des conseils départementaux qui repéraient sans se tromper les clientèles à arroser de subventions et les autres… qui n’en avaient pas autant.

Le ministre Castaner a voulu, à travers une circulaire très contestée, supprimer le classement établi par les préfectures dans les communes jusqu’à 9000 habitants. Le ministre s’est fait taper sur les doigts par les juristes du Conseil d’Etat et le seuil a été ramené à 3500 habitants.

N’empêche, tout cela est bien curieux : ils sont presque tous sans étiquette, apolitiques… mais ils veulent quand même que les préfets établissent le classement sur le nuancier droite-gauche.

Le discrédit sur les partis politiques

Il est vrai que ces temps-ci, les anciennes étiquettes LR, PS, MODEM, PC, n’ont pas la meilleure presse : quant à l’étiquette LREM, c’est un bon moyen pour réveiller les gilets jaunes, exciter les militants de la France Insoumise, pour ne citer que les plus visibles.

Alors le nouveau truc, qui remplace la « défense des intérêts communaux », c’est « mon parti c’est <nom de la ville> », ou <nom de la ville> avenir/demain. Après on ajoute « participatif » ou « écologique » et l’affaire est dans le sac.

Si en plus, le programme -on dit le « projet » désormais – est suffisamment flou, l’électeur est prêt à prendre les vessies pour des lanternes, à gober n’importe quelle promesse démagogique.

Apolitique, vraiment ?

Sans doute peut-on admettre que les membres d’une liste municipale ne se reconnaissent pas dans tel ou tel parti et que ce qui les rassemble, c’est un ensemble de valeurs, qui vont les situer plutôt du côté conservateur ou plutôt du côté progressiste. Défendra-t-on la loi Taubira ou sera-t-on du côté de la manif pour tous ? Choisira-t-on les productions provocantes des artistes de rue ou le théâtre de boulevard petit-bourgeois ? Le PLU restera-t-il une affaire de propriétaires ou concernera-t-il l’ensemble des habitants ? Ces questions sont éminemment politiques et les réponses que vous apporterez vous situent directement dans le champ politique. Inutile de vous prétendre « apolitique ».

A moins qu’il ne s’agisse que d’enfumage ! Dans son journal du soir lundi 17 février, FR3 nous montre la situation à Perpignan, où M. Alliot, RN, se présente aux élections sans étiquette ! Qui peut-il tromper ? Mais ce n’est pas chez nous que ça arriverait, n’est-ce pas ?

Symphonie d’un autre monde, à l’Asphodèle

Samedi 15, l’Asphodèle reçoit l’Orchestre Symphonique de Bretagne pour une oeuvre de la compositrice franco-syrienne Naïssam Jalal Symphonie d’un autre monde. La musicienne (voix, flûte, ney) sera accompagnée de son quintet Rhythms of Resistance et de 30 musiciens de l’Orchestre Symphonique de Bretagne.

La musique de la compositrice Naïssam Jalal est d’emblée multiculturelle: ancrée dans les traditions musicales de l’orient, elle explore de nouveaux territoires tant sonores que sémantiques ou esthétiques. De ce mélange de traditions et d’innovations, elle crée véritablement un nouveau monde, à la fois réel et rêvé, un monde ouvert, aux frontières perméables et mouvantes.

Son oeuvre est servie par la direction musicale de Zahia Ziouani, qui est reconnue pour son travail dans des quartiers éloignés de la musique classique et les croisements audacieux qu’elle propose.

Il reste des places, mais dépêchez-vous.
Pour ne pas rater cette expérience séduisaante, vous pouvez réserver à l’OTSI de Questembert (fermé vendredi) ou à Muzillac (Office de tourisme et médiathèque). Tarif abonné 11€, prévente 16€. Et sur place 19€.

Ciné débat : Océans, le mystère plastique

Ce mardi 4 à 20 h, dans le cadre du temps fort Vers le Zéro déchet, Questembert Communauté (services déchets et réseau des médiathèques) vous invite à un débat autour du film de Vincent Pérazio [2016] Océans, le mystère plastique. Le débat sera animé par les services de Questembert Communauté, des professionnels de la conchyliculture et Bruno Demontet, un Questembertois qui a fondé l’Association Expédition Med.

Entrée libre et gratuite dans la limite des places disponibles. Infos : mediatheques@qc.bzh / dechets@qc.bzh .



Seulement 1% du plastique déversé dans la mer flotterait à sa surface. Où est passé le reste ? Des scientifiques se lancent à sa recherche et se focalisent sur les micro-plastiques. De petite taille, pour la plupart invisibles, toxiques, ils abritent un nouvel écosystème : la plastisphère. Leurs effets sont méconnus mais menacent environnement et santé. Mais où sont-ils ? Ingérés par les organismes ? Au fond des océans ? Dégradés par les bactéries ?

Prix et distinctions attribués au film : 2017 : Cinemambiente – Turin (Italie) – Best one-hour documentary award / Festival du Film Scientifique de la Réunion – Île de la Réunion (France) – Trophée d’Argent / Green Image Film Festival (GFN) – Tokyo (Japon) – Grand Prix / FIFME – Festival international du Film maritime et d’exploration – Toulon (France) – Ancre d’Or / FReDD – Festival Film de Recherche et Développement Durable – Toulouse (France) – Grand Prix.

Votre médiathèques au cinéma ! Avant et après la séance, une sélection d’ouvrages, de films à découvrir sur place ou à emprunter (sur présentation de votre carte d’abonné aux médiathèques). 

Une brassée de roses pour Mme Martin

Dans une interview à Ouest-France, Mme Martin fait son bilan de son mandat de maire. Elle a tout bon ! Elle se décerne une brassée de roses pour ses 6 années ; tout irait bien sans les épines cruelles d’une opposition insupportable, de commerçants sans dynamisme, d’une administration tatillonne qui freine les projets…

Pourquoi reparler de cet article ?

Ma première réaction a été celle de Chirac : « Ça m’en touche une sans faire bouger l’autre ». Mais plusieurs de mes amis m’ont dit que je devais remettre quelques pendules à l’heure. D’autant que bien des gens ont été choqués par la teneur de cette interview.

Un bilan presque parfait ?

Avec le culot qui la caractérise, Mme Martin affirme « par rapport à notre programme de 2014, on a dû tout réaliser ». Elle aurait dû relire les documents qu’elle a diffusés en 2014 (à voir en fin d’article)… et les confronter avec la réalité de maintenant. Ce que, par exemple, Maxime Picard a fait dans une série d’articles sur Questembert Créative et Solidaire. Il en donnait la synthèse sous le titre Leur bilan, un récapitulatif.

Avec une discrétion de violette, elle reconnaît cependant avoir « continué ce que [ses] prédécesseurs avaient commencé. » Une modestie qui contraste avec ce qu’on avait entendu lors de la cérémonie des vœux. Voir l’article Des voeux municipaux à l’Asphodèle.

Le centre-ville

Faire vivre ou revivre un centre-ville, c’est compliqué. Il faut réussir à mettre tous les acteurs autour de la table, et ce n’est pas facile. La municipalité de Mme Martin semblait pourtant avoir des atouts pour y parvenir : un soutien appuyé de certains commerçants et deux membres importants de l’UDEQ sur sa liste. Un adjoint déclarait même au conseil que désormais Questembert était une ville amie des commerçants…

Redynamiser un centre-ville est une tâche difficile, mais alors pourquoi la ville de Questembert ne s’est-elle pas engagée dans les appels à projet lancés par l’Etat et la Région sur l’attractivité des centre-villes ? Dans son article Parlons d’urbanisme, Jeannine Magrex expliquait :

« Mauron, Josselin, et plus près de nous La Vraie-Croix et Noyal-Muzillac ont présenté des dossiers et obtenu des financements importants. Voir ici la liste des derniers projets retenus au 3 juillet 2019. Et citons quelques chiffres :

  • Mauron 700 000 euros
  • Noyal-Muzillac 657 000 euros
  • Lesneven (7250 habitants) 1 100 000 euros

Mais pour bénéficier de ces fonds, encore faut-il présenter des projets ! Pour les préparer (les études sont financées aussi !), la commune aurait pu s’appuyer sur le CAUE (Conseil d’Architecture, d’Urbanisme et de l’Environnement) ou sur l’EPF de Bretagne, ou encore sur l’association BRUDED. (A voir ici, l’expérience menée à Allaire). Mais non, rien n’a été fait dans cette direction… « 

Et si ça ne va pas trop bien, c’est la faute aux commerçants!

Les fonctionnaires !

Avec une naïveté déconcertante, Mme Martin nous dit qu’elle et ses amis ont dû changer de regard sur le personnel communal… Oui, quand ils sont arrivés, ils croyaient que les fonctionnaires territoriaux n’étaient qu’un ramassis de feignasses et de planqués ! Une anecdote : l’un d’eux, qui a muté vers une autre collectivité, m’a raconté récemment l’arrivée d’un adjoint dans son bureau : « ah, c’est donc ici qu’on ne fiche rien »!  Etonnez-vous après que la ville a vu partir des hommes et des femmes compétents et fortement engagés dans l’action collective. Sans parler du DGS viré sans ménagement.

La communauté de communes

A leur arrivée, Mme Martin et ses amis bénéficiaient d’un préjugé favorable : un poids lourd d’une commune voisine leur avait apporté son soutien dans la préparation des élections, et plusieurs élus se sentaient plus proches politiquement (oui, Mme Martin qui est apolitique n’est pas de gauche!) Mais très vite, elle a agacé ses partenaires, et elle a fini par se faire détester. Un fait éclairant : suite à la démission d’André Fégeant, le conseil de communauté a élu un nouvel exécutif ; sur une vice-présidence s’affrontaient M. Heude, premier adjoint de Questembert et Patrice Le Penhuizic, maire de Lauzach, écarté de l’exécutif en 2014 parce que trop à gauche. Le résultat a été sans appel : Patrice Le Penhuizic a obtenu 28 voix, M. Heude seulement 8, dont celle de ses co-listiers questembertois …

L’opposition

Evidemment, tout aurait été parfait s’il n’y avait pas eu une opposition méprisante et donneuse de leçons. Ben oui, l’opposition, ça s’oppose ! Et ça expose des points de vue différents, quelquefois appuyés sur une bonne connaissance des dossiers et une belle expérience des affaires municipales. Une expérience qui manquait cruellement aux élus novices de 2014…

Au soir du 30 mars 2014, j’avais fait une brève déclaration, dont je retiendrai une seule phrase : « J’aime trop ma commune, j’aime trop Questembert pour souhaiter votre échec ». Sans doute était-ce un peu trop subtil pour certains supporters de Mme Martin, puisque cette simple phrase a déchaîné des huées chargées de haine.

Tout au long du mandat, avec mes collègues, nous avons subi les rebuffades de Mme Martin et de ses colistiers. Et beaucoup se souviennent de la soirée où notre collègue Gérard Launay a annoncé sa démission : Mme Martin manifestant son agacement, tentant de l’interrompre, laissant ses supporteurs entretenir le brouhaha dans la salle et, à la fin, pas un mot pour remercier Gérard Launay de son engagement sans faille au service des Questembertois.

Mme Martin nous dit qu’elle quitte sa fonction sans regret… Un sentiment partagé, je crois bien.

Les promesses du Nouvel Elan en 2014