Boris Lemaire : son discours d’installation

En recevant l’écharpe de maire, le nouvel élu, habituellement, prononce un discours inaugural… devant un public nombreux. Le 25 mai, Boris Lemaire n’a pas dérogé à l’usage, mais en raison du COVID-19, il n’y avait dans la salle que les membres du conseil municipal. On peut revoir la séance en vidéo, mais il m’a semblé utile de diffuser son discours, comme il m’y a autorisé.

Boris Lemaire avec ses adjoints
La nouvelle municipalité

Clivant son discours ?

J’ai lu sur les réseaux sociaux que son discours avait été clivant. Alors, nous n’avons pas entendu les mêmes mots. Car d’emblée, il commence par saluer le travail de Mme Martin dans le mandat précédent. Même si on a été adversaires, malgré des choix divergents, il est essentiel de reconnaître que les élus sont d’abord animés par l’intérêt général : une pétition de principe qui fonde la confiance démocratique.

Boris Lemaire étrenne son écharpe
Avec l’écharpe



Il a insisté ensuite sur cette nécessaire confiance collective qui permet de construire ensemble une nouvelle histoire pour Questembert. Mais je vous laisse lire et écouter par exemple dans cette vidéo Ville de Questembert. Ou ci-dessous sur le site des Infos du Pays Gallo.

sur le site des infos du pays gallo

Discours d’installation – 25 mai 2020 Boris Lemaire

Je suis fier et heureux de nous voir réunis ce soir en cette salle Alan Meur de manière inhabituelle, pour ce premier conseil municipal depuis les élections du 15 mars dernier.
Je tiens à remercier les Questembertoises et les Questembertois qui ont permis le résultat rappelé, il y a un instant par Mme le maire.
Je profite de l’occasion qui m’est donné pour à nouveau saluer Mme Martin pour ces six années au service de la commune. Merci également à M. Dubois qui préside la séance ce soir.
Nous souhaitons mettre ce mandat sous le signe de la confiance. La confiance que les électeurs nous ont donnée, nous allons mettre notre énergie à la tisser entre les élus de ce nouveau conseil et les citoyens ; tous les citoyens y compris ceux qui ont porté leurs suffrages sur les listes de Mme Danilo et M. Poeydemenge. Rétablir la confiance entre les élus et les agents également. Je tiens à les remercier pour le dévouement dont ils font preuve depuis le début du confinement.
Nous partageons avec eux la conscience de l’importance du service public.

Rétablir aussi la confiance collective pour que Questembert se tourne vers l’avenir, sans renier son passé.
J’ai également une pensée pour tous nos compatriotes, nos concitoyens qui souffrent de près ou de loin durant cette épreuve.
Ce n’est que collectivement que nous parviendrons à la surmonter. Nous engagerons notre énergie et celle de la municipalité dans un travail de solidarité pour maintenir les forces vives à flot; commerçants, entrepreneurs, associations, citoyens. Surtout les plus fragiles. Le contexte nouveau auquel nous sommes confrontés fait de cette solidarité un enjeu encore plus crucial. Notre projet porte aussi la volonté de renouveler la démocratie locale, d’embrasser le chemin de la transition écologique, d’imaginer une nouvelle politique culturelle et une nécessaire et ambitieuse collaboration avec nos voisins de l’intercommunalité.
C’est sur la base de ces ambitions que nous passerons ce cap. Tout cela avec comme moteur nos valeurs : humanisme, égalité, fraternité pour le bien-vivre ensemble.
Durant cette période transitoire, si particulière, liée au CoVid-19, de nombreuses personnes et personnalités ont appelé de leurs vœux au monde d’après.
Je ne sais ce qu’il sera réellement.
Mais modestement et avec ardeur, nous allons prendre le chemin d’une transformation pour Questembert.
Il n’y a pas de transformation durable sans transformation structurelle ni transformation personnelle.
Nous mettrons durant ce mandat l’humain au cœur de nos décisions. Mais des décisions non pas tournées vers le « je » mais ouvertes vers le « nous ».
J’ouvre, en devenant maire de Questembert, un nouveau chapitre de ma vie et j’adresse ce message à tous pour que s’ouvre une nouvelle histoire pour Questembert.
Que les Questembertoises et les Questembertois puissent à nouveau être fiers de leur ville, de son territoire, de son histoire et résolument tournés vers son avenir.
Je vous remercie.
Boris LEMAIRE
Maire de Questembert

Une école, un projet pour tous

Le projet de réhabilitation de l’école Beausoleil (primaire et ancienne maternelle) a été approuvé lors d’un conseil exceptionnel le 14 octobre 2019. Ce qui permettait de déposer le permis de construire. Boris Lemaire a décidé que le projet sera présenté au nouveau conseil dans une réunion spéciale le mercredi 10 juin. Excellente initiative : sur les 29 conseillers élus le 15 mars, 9 seulement avaient pu prendre connaissance du dossier. Mais il faudra aussi apporter plus d’information à l’ensemble des habitants de la commune.

Résumé des épisodes précédents

Le projet global de restructuration des écoles communales avait été lancé en 2016. Validé en conseil le 28 novembre 2016, le projet comportait deux phases : la construction d’une école maternelle neuve et la réhabilitation des anciens bâtiments. La première phase s’est achevée au mois de février dernier avec l’inauguration de la nouvelle école maternelle.

Des morceaux de ruban pour les enfants



Le coût de cette première phase s’élève à 5,650 M€. Il s’agit de la somme TTC, et rappelons que l’Etat rembourse aux communes la TVA sur les investissements. C’est donc d’une dépense de 4,7 M€ qu’il faut prendre en compte et en déduire les subventions et participations obtenues de l’Etat (410 K€), de la Région Bretagne (250 K€) et du Département du Morbihan (300 K€). Voir ici les images de l’architecte maître-d’oeuvre, M. Serpin.

La deuxième phase a commencé

La deuxième phase (réhabilitation des bâtiments existants) a été lancée à la réunion spéciale du conseil municipal du 14 octobre qui a validé l’APD (Avant Projet Définitif) présenté par l’architecte maître-d’oeuvre, M. Serpin (Hexagone Architecture), et par Mme Le Borgne, du cabinet EADM (assistance à maîtrise d’ouvrage). La délibération permettait de lancer les appels d’offres. Sur les 16 lots, 5 ont été déclarés infructueux ; ils ont été relancés et c’est la nouvelle commission des marchés qui va devoir les examiner.

L’estimation des travaux s’élève 2,6 M€. Rappelons qu’à ce montant de travaux s’ajoutent les coûts de la maîtrise d’oeuvre, des études techniques, etc, ce qui donne le chiffre global de 3,6 M€ TTC évoqué dans la presse. Il serait d’ailleurs intéressant que le conseil, mais aussi tous les habitants, aient une vision d’ensemble de la répartition des coûts (et des recettes). Comme cela a pu être fait pour l’extension de la salle de sports des Buttes ou pour la construction du siège communautaire.

Questembert Communauté avait diffusé en 2011 ce tableau prévisionnel qui montre le total des travaux, mais aussi le coût de la maîtrise d’oeuvre, des études techniques, des assurances chantier, etc… Et aussi une provision pour les actualisations/révisions. Le prévisionnel s’élevait à 2,250 M€ TTC…

Tableau des dépenses prévues pour le siège de Questembert Communauté
Siège de Questembert Communauté, prévisions des coûts

De cette façon, tous les élus – et les citoyens – sont en mesure de comparer avec le coût final tel qu’il a été communiqué en 2015 tel qu’il apparaît dans le tableau ci-dessous. Le coût final TTC était de 2,075 M€, pour une prévision de 2,250 M€

Bilan dépenses et recettes de la construction du siège communautaire
Bilan final dépenses recettes pour le siège de Questembert communauté

Un chantier complexe, en site occupé

La construction d’une école neuve, c’est à la fois compliqué… et très simple : on part d’une page blanche et d’un terrain nu. Notez que cette remarque n’enlève rien à la qualité de ce qui a été réalisé ! Mais pour la réhabilitation des anciens locaux, il faut tenir compte de ce qui existe pour l’adapter aux nouveaux besoins, aux nouvelles contraintes. Un travail beaucoup plus complexe pour la maîtrise d’œuvre et les bureaux d’études techniques.

Ajoutez à cela que l’école va continuer à accueillir les élèves, et les maîtres, et les parents. La seule facilité tiendra au fait que l’ancienne école maternelle pourra être traitée dans la première étape. Ensuite, le bâtiment du haut sera restauré dans la deuxième étape, et le chantier s’achèvera avec le bâtiment du bas. La commune s’engage dans un chantier qui va durer deux ans. A voir l’image donnée par la maîtrise d’oeuvre, ça vaut le coup d’attendre. Mais c’est aussi la période des inscriptions pour l’école élémentaire et pour l’école maternelle (rentrée septembre 2020).

L’aspect extérieur de la future école élémentaire rappellera l’école maternelle pour créer du lien entre les deux bâtiments. | HEXAGONE ARCHITECTURE.

Formation des élus : absolument nécessaire

Je suis très attaché à l’information du citoyen, qui doit pouvoir se faire une « opinion éclairée ». Ne négligeons pas cependant l’information et la formation des élus. En effet, l’élection donne aux élus la légitimité démocratique, mais ce n’est pas l’illumination de la Pentecôte : elle n’accorde pas les connaissances, les compétences nécessaires pour l’exercice des responsabilités. Si la formation est indispensable pour les nouveaux élus, et spécialement pour les nouvelles majorités, souvent portées par des novices sans expérience municipale, elle reste nécessaire pour tous.

Un droit établi par la loi Joxe de 1992

La loi Joxe Administration Territoriale de la République a plusieurs volets riches d’innovation : les prémisses de la démocratie participative, la création des communautés de communes, les droits de l’opposition dans les conseils, par exemple. Elle prévoit aussi le droit à la formation des élus... et le financement de cette formation sur le budget municipal.

Se former à quoi ?

Évidemment, on a vu un amuseur public se présenter sur une liste parisienne, et montrer une ignorance totale aussi bien de l’organisation générale de la capitale que des réalités pratiques de la vie des parisiens. Et il arrive ici et là que des zozos de ce genre arrivent aux commandes. Mais la plupart du temps, les élus désignés par le suffrage ont le sens de l’intérêt général et la volonté de bien faire.

Ils seront bien sûr soutenus par le personnel communal, et d’abord par les cadres (directeur/trice des services), accompagnés par les fonctionnaires de l’Etat (trésor public). Soutenus, accompagnés, pas pilotés, ils doivent maîtriser suffisamment les sujets sinon ce sont les technocrates qui garderont le pouvoir.

Leur autonomie leur impose des connaissances de base : savoir comment fonctionne un conseil municipal, ce que contient un budget communal, quels sont les partenaires de la commune (l’Etat, la Région, le Département, etc), comment se situer par rapport aux autres élus, aux citoyens.

Se former avec qui ?

Les élus plus expérimentés auront à cœur de partager leurs connaissances pour initier les nouveaux. Il sera pourtant nécessaire de faire appel à des spécialistes, à des professionnels. De nombreux organismes ont développé des programmes à destination des élus et sollicité l’agrément du ministère de l’Intérieur, condition nécessaire pour que la dépense puisse être prise en charge par la collectivité.

Chaque élu peut individuellement faire son marché dans les catalogues de ces organismes. Cependant, il peut être intéressant pour une collectivité de proposer des formations de base à l’ensemble du conseil municipal, pour un coût qui sera inférieur à la somme des stages individuels. D’ailleurs, si on se revendique de « démocratie participative », il est essentiel de permettre à tous les conseillers de partager les mêmes informations.

On y trouvera un autre avantage : élus de la majorité et de l’opposition seront à égalité dans ces connaissances de base et les débats y gagneront en qualité. Ajoutez à cela les moments de pause qui vont faciliter la fluidité des relations interpersonnelles.

Échange d’expériences


La formation peut ou doit aussi s’organiser au niveau de la Communauté de Communes, là encore pour des économies d’échelle et comme moyen de mieux intégrer tous les élus et pas seulement les délégués dans le projet communautaire.

La loi ATR de février 1992 posait les principes de la démocratie participative en ces termes : « Le droit des habitants de la commune à être informés des affaires de celle-ci et à être consultés sur les décisions qui les concernent, indissociable de la libre administration des collectivités territoriales, est un principe essentiel de la démocratie locale. »

N’est-ce pas une bonne idée de commencer en faisant vraiment participer les conseillers municipaux eux-mêmes et donc en leur en donnant les moyens ?

Quels organismes de formation?

Le ministère de l’Intérieur donne une liste de 206 organismes agréés, dont les 93 conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE). La plupart des universités proposent des formations. Les associations d’élus (associations des maires, par exemple) également.

En Bretagne, un cas particulier : l’ARIC, Association Régionale pour l’Information des Collectivités. Une association résolument démocrate et pluraliste, fondée en 1971 dans les Côtes d’Armor, à l’initiative d’un groupe d’élu.e.s autour de Sébastien Couëpel et de Pierre-Yvon Trémel, l’un démocrate-chrétien, l’autre socialiste. Administrée par des élus pour les élus, l’association n’a pas vocation à dégager des profits, ce qui lui permet de proposer des formations de qualité à des prix tout à fait compétitifs.

Une journée de formation  à Séné

Pendant la campagne, j’avais déjà insisté sur le devoir qui s’impose aux élus d’informer les citoyens dans l’article Informer, communiquer, une obligation pour les élus