Nous nous retrouverons mercredi pour marquer l’anniversaire du cessez-le-feu signé aux accords d’Évian entre les représentants du GPRA et ceux du gouvernement français. Le cortège partira de la mairie à 10h30 pour se rendre au monuments aux morts puis à la stèle du square du 19 mars 1962.
Ils ne voulaient pas y aller
Les appelés du contingent y sont allés à contrecoeur, ce n’était pas leur guerre : pourquoi iraient-ils de l’autre côté de la Méditerranée défendre… défendre quoi? Mais il y a eu aussi les rappelés, ceux qui avaient déjà accompli leur service et qui ont dû y retourner alors que beaucoup s’étaient déjà installés dans la vie familiale et professionnelle. En effet en août 1955 le gouvernement d’Edgar Faure procède, dans le cadre de la politique d’augmentation des effectifs militaires destinés au maintien de l’ordre au Maroc et en Algérie, au rappel sous les drapeaux de soldats du contingent récemment libérés. Aux mois de septembre et octobre, plusieurs milliers de ces jeunes rappelés se livrent à des actes de protestation, notamment à l’occasion de leur départ pour l’Afrique du Nord.
Des manifestations sporadiques qui n’empêcheront pas la mobilisation des jeunes ; au total, entre 1952 et 1962, 1.343.000 appelés ou rappelés et 407.000 militaires d’active participent au maintien de l’ordre en Afrique du Nord. Une Guerre sans nom!

Des événements ? Une guerre enfin reconnue
Oui, officiellement, on ne parlait pas de la guerre d’Algérie, mais seulement de maintien de l’ordre, des événements, de pacification. C’est seulement en 1999 que le gouvernement Jospin a fait reconnaître cette guerre par le Parlement sans pour autant qu’une date commémorative soit retenue.
La proposition de loi avait déjà votée par l’Assemblée en 2002 sous le gouvernement Jospin, mais elle n’avait pas été mise à l’ordre du jour du Sénat, majoritairement à droite. Après sa validation par le Conseil Constitutionnel, suite au recours déposé par des députés et des sénateurs, la loi est définitivement adoptée. et la date du 19 mars inscrite dans les journées de commémoration. Mais il en avait fallu du temps.
Les cicatrices restent là
Nous rappelons ainsi le souvenir des victimes de ces guerres coloniales, nos soldats, les harkis, les civils, sans mépriser les combattants algériens en lutte contre la domination coloniales, ni oublier les souffrances des populations autochtones. Ceux qui sont revenus en ont gardé des traces indélébiles, des cicatrices plus ou moins profondes, parfois presque effacées, mais avec des souvenirs cruels qui viennent hanter leurs rêves. Certains ont osé parler, d’autres se sont murés dans le silence.
Une guerre perdue d’avance
Les stratèges militaires nous disent qu’ils tenaient l’affaire – au contraire de la guerre d’Indochine qui s’était achevée dans la désadtre de Diên Biên Phu. Mais non, quoi qu’on pense de l’issue de cette guerre et de ce qu’est devenue depuis l’Algérie, la fin était inéluctable, la colonisation commencée en 1830 (avec une pacification menée par des Lamoricière et Bugeaud) s’effondrait.
Pourtant, si les appelés en avaient presque l’intuition, la majorité des Français croyait encore à la fable de l’Algérie Française; cette majorité était largement représentée au Parlement. Et De Gaulle n’est revenu au pouvoir que parce qu’il avait affirmé que lui seul pourrait ramener la paix et garder l’Afrique du Nord dans le giron de la France. Facile aujourd’hui d’accuser les politiciens de l’époque; comme ceux d’aujourd’hui, ils reflétaient assez bien les croyances et les illusions de tous les citoyens.