Janco et les vélos


Dans un billet précédent, Dessine-moi un vélo, j’ai fait référence à Ivan Illich, le curé-philosophe-iconoclaste, qui, partant de son idée de vitesse généralisée, affirme qu’en fin de compte on ne va pas plus vite en auto qu’à vélo. Jean-Marc Jancovici, polytechnicien, fondateur du Shift Project (groupe d’études et de réflexion), intègre à la question le bilan carbone et les dépenses (énergétiques, financières, etc).

La surface des routes, et celles des voies cyclables, etc
Jancovici aime bien les chiffres. Ici, il compare les routes et les pistes cyclables. Dans la vidéo ci-dessous, il commence par comparer la surface des routes par habitant (75 m²) à la surface consacrée à l’habitat (40 m²/habitant) ou au tertiaire (25 m²/hab, pour le commerce, les écoles, les hôpitaux). Nous avons 1,1 Mkm de routes et 20 000 km de voies cyclables). Bien sûr, il note que, si on regarde les distances parcourues, la part du vélo est très faible (1%) mais elle croît rapidement : il y a de plus en plus de vélotafeurs, de gens qui se rendent au travail à vélo. Attention, cela suppose que la distance domicile-travail reste faible : au-delà de 5 à 6km, cela devient plus difficile.

Le vélo, c’est bon pour tout, ou presque
Bien sûr, c’est moins de CO2, moins de pollution (mais qui s’en préoccupe vraiment?), mais c’est surtout moins d’argent à dépenser (le pouvoir d’achat !) ; avec les vélos électriques, on peut aller plus loin, monter les côtes sans s’essouffler, transporter les courses et les enfants. Et dans les zones embouteillées, c’est à peu près aussi rapide que la voiture. Et enfin, c’est bon pour la santé : nous sommes de plus en plus sédentaires et nous ne faisons pas assez d’exercice physique.

Plus d’aménagement pour les vélos
Pour Jancovici, si l’on souhaite accroître la part du vélo ( et selon lui, c’est souhaitable), il faut plus de voies cyclables et d’abord pour des raisons de sécurité : à côté de la voiture (1,5 tonne de ferraille), le cycliste ne fait pas le poids. Il faudrait même, selon Jancovici, des pistes exclusivement cyclables ; et les usagers de la voie verte font l’expérience quotidienne de la cohabitation difficile : le piéton n’entend pas le cycliste et peut divaguer de droite à gauche, surtout si en même temps il promène son chien. À vrai dire, le chaucidou qui définit une bande pour les vélos est plus sûr qu’une voie piétons/vélos. Voir aussi l’image en bandeau qui montre le profil de l’Avenue des Genêts à la fin du chantier.

Contre le totalitarisme vélo !
Eh oui, relayée sur la page FB d’un Questembertois, j’ai trouvé une longue diatribe qui vilipende sans grandes nuances les efforts des pouvoirs publics pour promouvoir les mobilités douces. Des politiques fomentées par une minorité agissante, soutenue par les agences de l’État (ADEME, CEREMA)… et par les médias (TF1, France Info, France TV, mais aussi la presse régionale)… Au point que les centres-villes, et par conséquent les commerces, deviendraient inaccessibles. Tout cela est sûrement vrai ! D’ailleurs, personnellement, je ne vais plus beaucoup au centre-ville de Vannes… à cause des vélos.

D’autres billets sur le sujet
– Attention Vélos,
– À pied, à cheval, à vélo

Et en rappel, une citation d’Ivan Illich

 À bicyclette, l’homme va de trois à quatre fois plus vite qu’à pied, tout en dépensant cinq fois moins d’énergie. En terrain plat, il lui suffit alors de dépenser 0,15 calorie pour transporter un gramme de son corps sur un kilomètre. La bicyclette est un outil parfait qui permet à l’homme d’utiliser au mieux son énergie métabolique pour se mouvoir: ainsi outillé, l’homme dépasse le rendement de toutes les machines et celui de tous les animaux. 

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