Déchets en circuit court


« On se sent abandonnés par la communauté de communes ; par exemple on est très loin des déchetteries, il faut quinze minutes de route pour évacuer nos déchets verts »
Je ne sais pas si d’être loin d’une déchetterie peut expliquer un sentiment de délaissement, mais la question mérite un peu de réflexion. Et peut-être d’imaginer des solutions alternatives.

Quinze kilomètres pour déposer ses déchets de tonte
Quinze kilomètres, quinze minutes, à l’aller comme au retour ; du temps passé, et du carburant. Au bout du compte, pour traiter ses déchets verts, un acte écologique, il faut consommer de l’énergie fossile, produire des gaz à effet de serre. Pour une fois, l’expression à la mode on marche sur la tête serait bien employée. Car la situation est paradoxale : d’un côté, il faut réduire, trier et traiter les déchets, c’est un des objectifs de la redevance incitative, de l’autre, conformément au PCAET, (Plan Climat Air Énergie de Territoire) il faut réduire notre consommation d’énergie fossile dans les transports.


De fausses solutions
La tentation est forte – et certains y succombent – de jeter les tontes de pelouse dans un coin discret, dans un délaissé de route, au bord d’un chemin. C’est interdit! Mais pas seulement une affaire de réglementation, en déposant ces produits pourtant naturels dans la nature, vous modifiez le milieu, avec des conséquences sur la faune et la flore. Et pour certaines essences (lauriers palmes, conifères, par exemple), la décomposition est très lente. Même parfois, ces coupes peuvent bouturer et contribuer à propager des plantes invasives : le laurier et, encore plus problématique, la renouée du Japon. Il faut donc éviter les dépôts sauvages, même s’il s’agit de végétaux qui vont se dégrader. D’autant que la saison des étrennes est passée.

Des déchets? Non, une richesse pour votre jardin
Les tontes de pelouse peuvent servir au paillage des cultures dans le potager ou le jardin d’agrément. Elles peuvent aussi se composter. Et avec le mulching, la tondeuse restitue au sol sur place l’herbe coupée et broyée : plus besoin de ramasser, ni d’aller déposer en déchetterie.

Le mulching : l’herbe est coupée et broyée très finement. L’herbe hachée s’insinue entre les brins de la pelouse, où elle finit par se décomposer. L’herbe broyée sert alors d’engrais naturel au gazon.

Quand vous enlevez les produits de la tonte, vous exportez de la matière organique. Au contraire, l'herbe broyée sur place avec le mulching vient enrichir votre pelouse. D'une certaine façon, le nettoyage des bords de route à l'épareuse laisse cette matière sur place,enrichit le sol... et la végétation des bas-côtés est de plus en plus verdoyante.C'est pourquoi certaines collectivités ont choisi de ramasser ces produits de fauches. Voir l'exemple de Coglais Communauté;

En partenariat avec l’agriculture locale
Depuis de nombreuses années, notre collectivité transforme les déchets verts collectés en compost qui est ensuite redistribué aux agriculteurs partenaires. Une opération intéressante, car, comme l’a montré le diagnostic agricole du territoire présenté en octobre à l’Asphodèle, des exploitations sans élevage peinent à accéder à de la matière organique, ce qui soulève la question des sources de biomasse valorisables sur les autres exploitations ou sur le territoire (déchets verts par exemple). Mais le processus implique toujours la collecte en déchetterie, le compostage (broyage, criblage, etc.) et ensuite le transport vers les exploitations agricoles.
Un agriculteur de la Sarthe a proposé sa solution à lui : il a ouvert une plateforme de dépôt de déchets verts, ouverte 24 h/24 et sans limite de volume, moyennant un abonnement annuel. Il en a fait une affaire commerciale, mais ne pourrait-on pas imaginer de la simple coopération entre voisins?

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