Pour continuer à propos des conséquences de l’imperméabilisation, il faut aussi s’interroger sur ce qui rend désirables les modèles d’aménagement qui sont dans l’air du temps. Au départ de cette réflexion, un contenu sponsorisé sur le fil d’actualité de mon téléphone, une image qui montre un maison ordinaire avec son petit jardin bien tondu, sa voie d’accès parfaitement goudronnée, et, d’un côté, la nature sauvage, de l’autre, la route, fleuve de bitume.
C’est la suite de l’article Imperméabilisation (histoires d’eaux 14)
Une image vaut mieux que 100 mots

Rien à dire contre l’industriel qui cherche à placer ses produits, mais voyons la surface imperméabilisée en plus de celle des bâtiments : elle paraît presque aussi grande. Et la collectivité aura la charge de traiter les eaux de ruissellement, à moins que ces eaux ne soient rejetées dans la nature, le no mans’land à gauche de l’image .
L’image nous montre comme un idéal pavillonnaire : une maison, de lotissement, comme d’autres, mais qui paraît posée seule, comme au milieu de la campagne, à l’écart des autres habitations, hors d’un lotissement, qui ramènerait un peu de collectif. Reliée au monde extérieur par une route où ne roule aucune autre voiture, juste là pour que la petite twingo puisse vous emporter loin de ce havre de paix. Notons encore la clôture qui sépare, (protège?) la propriété individuelle de l’espace public (il n’y a pas de portail sur la photo), tandis que, de l’autre côté une, zone un peu sauvage, non cultivée en tout cas, semble ouverte à la conquête, à l’appropriation.
Le modèle du lotissement
Il y a quelques années, une ministre avait déclaré: « le modèle à l’ancienne du pavillon avec jardin dont on peut faire le tour n’est plus soutenable et nous mène à une impasse. Nous devons assumer de mettre ce modèle derrière nous« . Une déclaration qui avait provoqué un tollé, mais qui devrait susciter quelques réflexions. Par exemple, sur la gestion de l’eau.

