Je ne vous dirai pas comment voter…

Des sportifs de haut niveau, des artistes, des vedettes, des responsables politiques vous invitent à bien voter dimanche. N’ayant pas la popularité, ni la légitimité pour me ranger auprès d’eux, je vous inviterai seulement à voter, à exprimer un choix dans l’isoloir, à ne pas laisser à d’autres le choix de notre avenir collectif.

Couverture 1er mai 2017

Dimanche soir, un.e président.e sera élu.e

Parce que c’est comme ça ! Que vous votiez ou non, blanc ou nul, l’élection va désigner un.e président.e pour les 5 ans à venir. (et j’arrête ici l’écriture inclusive). Si vous n’avez pas voté, vous pourrez incriminer les veaux qui ont reconduit le sortant que vous détestez – à raison, n’en doutons pas – et le combattre avec véhémence. Ou bien, vous verrez s’afficher sur vos écrans le visage de la candidate à qui aucune voix ne devait aller… mais qui en a eu un peu plus de 50 %. Vous aurez alors tout loisir d’apprécier les effets du programme que vous ne vouliez pas lire, car entre les deux, selon vous, c’était blanc bonnet et bonnet blanc.

Une forte opposition à l’assemblée nationale ? N’y croyez pas

Au poker du jeu politique, j’en entends dire qu’ils passent, en attendant de rejouer la partie aux législatives : « nous enverrons une puissante majorité de gauche (la vraie gauche, bien sûr) face à l’élu(e) du 24 avril. » Une illusion trompeuse : après la présidentielle, Macron ou Le Pen ont de grandes chances d’avoir une majorité, et Mme Le Pen plus encore. En effet, le parti présidentiel présentera des candidats dans toutes les circonscriptions, et ces candidats bénéficieront de l’élan de la victoire. Attention à bien avoir en tête la règle trop souvent oubliée  : pour aller au second tour, il faut avoir obtenu 12,5 % des inscrits au premier (Article L162 du Code électoral). Avec de multiples candidats se réclamant de la gauche, car, ne rêvons pas, il n’y aura pas d’union en juin, pas plus qu’en avril; le second tour se jouera souvent entre la droite et la droite, ou entre la droite et l’extrême-droite. Adieu donc à l’hypothèse d’une opposition forte à l’Assemblée. D’autant que, comme à d’autres occasions, des personnalités voudront voler au secours de la victoire et se rallier au nouveau pouvoir. Je ne donnerai pas les noms qui me viennent à l’esprit.

La vie politique, ce n’est pas que la présidentielle

Cependant, la vie démocratique ne s’arrête pas à la présidentielle, quelle que soit l’importance de cette élection. Elle se jouera bien sûr aux élections législatives, avec les limites exposées ci-dessus, mais c’est au jour le jour qu’elle se construit, au niveau de nos communes, de nos départements, de nos régions. Les questions de pouvoir d’achat, de santé publique, d’éducation, de justice ne seront pas résolues, comme par magie, par l’élection. Elles se discuteront pied à pied et, de la confrontation des intérêts et des points de vue naîtront des compromis qui permettront peut-être d’avancer. A condition que soient respectés les principes de l’état de droit. Derrière l’amie des chats, il y a, vous le savez comme moi, l’amie de Poutine, grand défenseur du droit et de la justice.

C’est dimanche que cela se joue

Oui, la vie citoyenne, c’est du temps long, des avancées et des reculs. Mais le choix de dimanche prochain sera crucial. Ne laissez pas d’autres décider à votre place. Votez.

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