Célac, perles de la campagne


Il faudrait en rire si le sujet n’était pas si sérieux. Acharnés à vouloir dénigrer le chantier de renaturation de la vallée du Tohon et particulièrement le travail commencé dans le vallon de Célac, ceux qui prétendent aimer Questembert tentent de nous faire croire qu’il s’agit d’une catastrophe environnementale, ou tout au moins d’une atteinte grave à la biodiversité. En mêlant le vrai (un peu) et le faux (beaucoup).

Du poisson, oui, mais lesquels ?
Oui, 750 kg de poissons ont été retirés de l’étang. Avant la vidange complète, et il s’agissait d’une pêche de sauvegarde, contrôlée par la fédération de pêche et la police de l’eau. 750 kg, c’est une belle quantité, mais tous ces poissons ont été sauvés, sauf évidemment les 20 kg de perches soleil, espèce invasive, qui ont été détruites. Les autres ont été transférées vers La Vraie-Croix (les gardons) et Penmur (gardons, brêmes, perches, carpes, quelques dizaines de goujons et l’unique tanche). Des espèces d’eaux lentes, peu oxygénées. L’effacement de l’étang va redonner de la vivacité à la rivière et favoriser les truites, qui préfèrent les eaux vives.

À la pêche aux moules, moules
« Des dizaines de moules d’eau douce très sensibles à la pollution vivaient dans [la vase de] l’étang, certaines depuis 24 ans » Il s’agit simplement de moules d’eau douce, d’anodontes, sans doute même d’anodontes des cygnes ou anodontes des étangs, une espèce qui vit dans la vase des étendues d’eau stagnantes ou à faible courant. Tellement peu protégée qu’on peut l’acheter en ligne pour une somme très modique. Ça ne veut pas dire que c’est une espèce méprisable. Mais elle témoigne, comme les autres espèces repérées, d’une biodiversité modifiée, on pourrait même dire dégradée, par rapport à ce qu’elle pouvait être avant le creusement de l’étang. En tout cas, ces moules d’eau douce n’ont rien à voir avec la mulette perlière qui elle est strictement protégée

Mulette perlière (photo Ouest-France voir l’article)

(Re)découvrir l’Amérique
Voilà au moins un élément du programme qui serait facile à réaliser : « Nous mettrons tout en œuvre pour la réintroduction d’une espèce locale disparue et particulièrement protégée : la loutre ». Facile ! Les loutres sont déjà là : le spécimen dont le cadavre a été découvert du côté de Célac n’était pas le dernier des mohicans ; mais la bête est si discrète qu’on ne détecte sa présence que par les empreintes qu’elle laisse. Alors, réintroduire la loutre, c’est comme réinventer l’eau chaude ou redécouvrir l’Amérique.

Quelques articles de la presse locale sur le sujet
Le Télégramme Sur les traces de la loutre
Ouest-France L’Atlas de la biodiversité de Questembert répertorie de belles découvertes (avec cette phrase d’un naturaliste : « la loutre présente depuis plusieurs années… »
Les infos du Pays Gallo Les loutres ont du succès

L’expertise de l’expert en hydrologie. 
Vous avez pu croire en lisant le mot anodonte que je faisais le savant. Rassurez-vous, j’ignorais le mot jusqu’à une balade nature avec des naturalistes autour de Célac. Mais il faut donner leur vrai nom à ces moules d’eau douce...pour éviter la confusion (entretenue?) avec une autre espèce de moule, qui elle est vraiment rare et protégée, la mulette perlière. Mesurant l’étendue de mon ignorance, j’ai pris soin de rechercher des informations solides… pour éviter l’effet Dunning-Kruger. (Allez vérifier pas vous-même).

Un projet pour Célac ?
Il y en a déjà un, conduit par des professionnels, validé, soutenu et co-financé par les pouvoirs publics. À côté du programme de restauration de la continuité écologique, porté par Eaux et Vilaine, la commune a commencé des aménagements complémentaires (les passerelles dont une submersible, les espaces de loisirs et de convivialité autour de l’ancien camping), aménagements qui sont aussi cofinancés par des partenaires publics. Affirmer qu’on ira solliciter – et qu’on obtiendra – le soutien d’institutions comme l’Observatoire de l’Environnement en Bretagne ou Société Mammologique est une illusion… ou un mensonge !

La photo du bandeau est une photo Ouest-France redimensionnée
Voir l'entrefilet ici Pourquoi les passerelles de Célac sont-elles submersibles
"Pourquoi sont-elles submersibles ? " Le maire a répondu : " C’est normal, elles sont conçues pour cela. Elles doivent être au plus près de la végétation afin de pouvoir observer la faune et la flore en période estivale."

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