Être dans l’opposition

C’est une expérience que j’ai vécue et qui est forcément difficile. D’abord, il faut encaisser la défaite : une souffrance indéniable, parfois teintée d’amertume quand on peut se dire sincèrement qu’on n’a pas mérité ça. Puis il faut faire le choix de partir, solution facile de repli, ou de rester élu dans l’opposition pour rappeler qu’on a un vrai projet pour la commune, qu’on aime vraiment sa ville et ses habitants.

Du courage
Il faudra du courage en effet, car, du fait des règles du scrutin, le groupe des élus minoritaires est peu nombreux: à Questembert avec un score à 50/50, ce serait au maximum 7 élus sur 29. Et il faut le plus possible être présent au conseil, bien sûr, mais surtout dans les commissions et comités où se préparent les décisions à valider en séance plénière.

Le conseil, chambre d'enregistrement? Pas faux, car les décisions proposées sont préparées en amont, par les services municipaux, par les commissions, par la commission des finances, par le bureau municipal; et elles sont présentées au conseil par le maire. Donc au conseil, on vote pour valider l'aboutissement du travail. Vous n'êtes pas d'accord? Dites pourquoi, en quelques mots sans agressivité. Vous approuvez? Dites-le aussi; vous montrerez que vous n'êtes pas un opposant systématique.

Si vous ne pouvez pas participer à telle ou telle réunion, n’hésitez pas à demander les documents préparatoires et les comptes-rendus. Les outils électroniques de communication facilitent grandement ces échanges. Mais ne vous obstinez pas à demander des choses impossibles: par exemple, une prévision de programme ne peut pas être aussi fine… que le compte définitif de résultat.

Respecter les élus majoritaires
Et pas seulement dans les mots, mais dans la pratique. Ils ont été élus par une majorité d’habitants. C’est leur projet qui a été validé, pas le vôtre : ne vous étonnez pas qu’ils le mettent en oeuvre. Et dans l’immense majorité des cas, ils sont de bonne volonté, honnêtes. Ils ont le sens de l’intérêt général, même s’ils ont un autre point de vue.

Au cours de ma vie politique active, j'ai connu beaucoup d'élus, des gens de mon bord, et des adversaires aussi; je n'ai croisé que très peu de gens malhonnêtes. Une fois pourtant, j'ai dit en face à un adversaire : votre manière de faire de la politique me fait vomir. Une fois! 

Suivre des formations
La formation est un droit pour les élus prévu par le Code Général des Collectivités Territoriales : le budget de la commune comporte une ligne dédiée qui, malheureusement, n’est pas toujours dépensée. C’est d’autant plus important si vous êtes novice dans la vie municipale.

À Étrelles, la formation a déjà commencé. À voir ici à partir de la 6ème minute

Quelle place pour l’opposition ?
Du côté de la majorité, il est essentiel de montrer du respect pour les élus minoritaires. Bien sûr, le fait majoritaire va s’imposer dans les diverses délégations et cela engendre des frustrations pour les opposants, mais on imagine mal que, s’il n’ y a qu’un poste ou deux, la commune ne soit pas représentée par des membres de la majorité. Cependant, dans le mandat précédent, la présidence de la commission des finances était assurée par un élu d’opposition. Dans ce domaine, plus qu’ailleurs, cela suppose une compétence renforcée par une formation solide.

En remontant dans le temps
Deux articles de blog sur le même sujet
– en 2020 Opposant systématique, vraiment?
– en 2015 Après la défaite, être élu d’opposition

D’autres sources
De l’importance de l’opposition municipale
Votre candidat termine dans l’opposition, que pourra-t-il faire face au maire élu ?
Quelle est l’utilité d’une opposition municipale ? (le plus complet, le plus approfondi)

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