La ministre présente sa loi d’urgence pour l’agriculture : Ce texte est construit par et pour [les agriculteurs]. Et ça fait le titre de l’article d’Ouest-France (version papier 8 avril). Il n’y a rien qui vous choque ? De façon naïve (ou cynique?), la ministre nous dit tout simplement que la puissance publique, le gouvernement donc, a renoncé à son rôle d’arbitre entre les intérêts particuliers, qui construit un intérêt général : il a pris fait et cause pour un groupe de pression, un lobby.

Les autres voix étouffées ?
Que la situation de l’agriculture soit dramatique, tout le monde en conviendra. Mais les réponses à la crise doivent-elles venir seulement du monde agricole et surtout de ses porte-parole les plus agressifs, les plus tonitruants ? D’autant que les cris ne masquent pas totalement des réalités peu contestables. Le président du principal syndicat parle-t-il pour les paysans ou pour le groupe Avril, la multinationale de l’agroalimentaire ? Le vrai porte-parole serait-il le leader de la coordination rurale, qui attaque si violemment l’Europe mais en a reçu 100 000 € en 2024 pour des actions de développement durable et veut faire la peau aux écologistes ? (Aides européennes de la PAC à voir ici).
Mme la ministre semble en tout cas peu attentive aux alertes de l’ANSES sur les produits phytosanitaires pas plus qu’aux études des agences de l’eau à la fois sur la qualité et la quantité des eaux disponibles. Voir ci-dessous une interview de Thierry Burlot, président de l’agence de l’eau Loire-Bretagne.
Des compromis nécessaires
Le rôle du politique est de rapprocher des positions qui, au départ, peuvent sembler inconciliables et de construire des compromis. Et ensuite, montrer à tous les acteurs ainsi qu’à tous les citoyens le contenu du compromis final et comment il a été obtenu, quelles concessions chacun a accepté de faire. Pas vraiment le message que donne la ministre dans cette interview.
nb: l'article en ligne est plus développé que la version papier ci-dessous.

