Questembert : 22 raisons de choisir notre petite ville

Le Télégramme s’est offert un bon coup de communication locale en affichant le classement des villes bretonnes où, paraît-il, il fait bon vivre. En effet, comme il y a en Bretagne 9 communes dans les 100 premières, cela a permis au journal de les cibler plus précisément. D’après ce classement, Questembert serait au 41ème rang national. Et quoi qu’on pense de la méthode employée par la start-up Ville de rêve, elle a mis notre petite cité sous les projecteurs de l’actualité.

Du ramdam sur les réseaux sociaux
Questembert, 41ème au classement sur 34 900 communes. Bien sûr, certains se sont réjouis (modestement) de ce coup de projecteur sur notre petite ville, d’autres ont réagi avec violence : « non, Questembert, c’est nul, il ne s’y passe rien, etc. Les commerces ferment ; il n’y a pas de fêtes. » Tout ça bien sûr étant de la faute du maire. Personne ou presque ne prenant le temps de regarder en détail les critères qui ont abouti à ce classement (Ville de rêve Questembert, c’est ici). Pourtant ils méritent d’être examinés car ils sont très variés : accès à la santé, offre éducative, loisirs, culture, coût de la vie. On peut ainsi recenser les aménités qu’offre notre petite ville, et voir ce qui pourrait être amélioré. Avec parfois des limites. Nous ne pourrons sûrement pas faire monter la note patrimoine… qui prend en compte les AOC et les AOP, les surfaces de vignes, vergers, marais salants ! En revanche, nous pourrons sans doute améliorer notre score nature en accroissant la présence de la nature en ville (les pigeons, choucas et crottes de chien ne comptent pas).

Et pourtant notre ville attire !
La dynamique démographique constatée par les données de l’INSEE n’est pas fondée sur le solde naturel : ce sont les nouveaux habitants qui viennent s’installer à Questembert qui font croître la population. L’économiste et géographe américain Charles Tiebout a décrit ce comportement qui conduit les citoyens à choisir de s’installer dans un territoire où ils trouveront réponse à leurs besoins, à leurs attentes, à leurs rêves aussi : d’où l’expression voter avec ses pieds.
Très pratiquement, cette démarche m’a été décrite par une nouvelle Questembertoise : avec son conjoint, elle a établi une liste de 22 critères pour choisir leur ville d’installation. Elle l’avoue elle-même : ce n’est pas simple de trouver une ville qui présente tous ces atouts, et ils ne croyaient pas y parvenir, … avant de trouver Questembert ! Voici cette liste :

1- Moins de 5/10 min à pied de bois ou promenades sans gros axes routiers ;
2- Proximité des commerces essentiels, que nous puissions tout faire à pied ;
3- Ville avec un joli centre historique et une histoire à raconter ;
4- Une crèche ;
5- La possibilité de poursuivre sa scolarité au moins jusqu’au collège ;
6- Une offre d’activité de loisir (idéalement cinéma) ;
7- Une piscine ;
8- Un tissu associatif riche ;
9- Une politique environnementale assumée (notamment dans la gestion des déchets) ;
10- Sur une ligne de train au moins TER ;
11- Des commerces de « loisir » (brico, déco…) ;
12- Moins de 100 km de pôles d’activités et d’emploi de type cadre (grandes villes moyennes – Rennes/Nantes) ;
13- Une municipalité ouverte à la modernité ;
14- Des marchés proposant aussi du hors alimentaire (afin d’éviter les hypers) ;
15- Une offre alimentaire locale et bio ;
16- Une maison de santé/ services médicaux (très important puisqu’elle arrivait enceinte)
17- Une offre culturelle : médiathèque, salle de concert ;
18- Pas trop loin de la mer mais pas trop proche des côtes (+30m au dessus du niveau de la mer, changement climatique oblige) :
19- Avec des cours d’eau ;
20- Plus de 70% de résidences principales ;
21- aux alentours de 10 000 habitants (pour des questions de résilience alimentaire quand la contraction pétrolière se fera sentir plus amplement) ;
22- une maison de centre-bourg avec environ 300 m² de terrain.

Une ville dortoir ?
Comme il ne se passe rien à Questembert, n’est-ce pas, l’expression est revenue sur les réseaux sociaux : Questembert, ville dortoir ! Et la rengaine a été entonnée récemment par les élus d’opposition dans le magazine municipal. Je pourrais leur rappeler qu’un de leurs mentors, conseiller général à l’époque, avait suggéré à une belle entreprise de notre commune d’aller s’installer près de la RN 165, du côté d’Arzal. Car le sujet est bien celui de l’emploi sur la commune… où l’on ne viendrait que pour dormir. Sur ce point, il y a comme un juge de paix : le dossier local de l’INSEE qu’on peut compléter par celui de Questembert Communauté.

Les tableaux ci-dessous permettent de mesurer l’indice de concentration d’emploi (rapport entre le nombre d’actifs domiciliés et le nombre d’emplois sur le territoire communal ou intercommunal). À Questembert, 2809 emplois pour 3085 actifs, soit un ICE de 90,9. Soit, c’est moins bien qu’en 2009 : 200 actifs résidents supplémentaires pour une dizaine d’emplois en plus.

Indice de concentration d’emploi Questembert
ICE Questembert Communauté

C’est simple, on choisit d’habiter Questembert, petite ville centre, l’un travaille ici et l’autre là. L’étude sur les mobilités a noté que, chez nous comme ailleurs, les trajets domicile-travail s’allongent de plus en plus. Et le sociologue Jean Viard notait, il y a déjà plusieurs années, le risque de déconnexion entre l’engagement civique au niveau communal et les modes de vie : on travaille ici, on fait ses courses ailleurs, et on vote où on dort ! Et aussi où les enfants sont scolarisés.

Plutôt que de lancer l’anathème sur la ville dortoir, ne faudrait-il pas tenter de maintenir ou de rétablir le lien entre les habitants et leur territoire de vie ?

Et puis ça encore
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