Le jour où la pluie viendra, c’est le premier vers et le titre d’une chanson composée par Gilbert Bécaud en 1957. Presque 70 ans, mais la voilà d’actualité. Que disent les paroles de Pierre Delanoe?
Le jour où la pluie viendra//Nous serons, toi et moi//Les plus riches du monde//Les plus riches du monde//Les arbres, pleurant de joie//Offriront dans leurs bras//Les plus beaux fruits du monde//Les plus beaux fruits du monde//Ce jour-là.
La triste, triste terre rouge//Qui craque, craque à l’infini//Les branches nues ou rien ne bouge//Se gorgeront de pluie, de pluie//Et le blé roulera par vagues.
Une réalité sûrement bien différente
Nous pouvons rêver de cette pluie bénie, de la douce caresse du crachin breton. Mais après les semaines torrides que nous avons vécues, il est probable que la pluie nous viendra dans des orages violents : de la grêle, des trombes d’eau et sans doute des inondations. En effet la canicule a eu un effet de pompe qui a projeté vers l’atmosphère toute l’eau qui nous terriblement manqué, mais qui va nous revenir à travers ce qu’on appelle des épisodes méditerranéens : succession d’orages sévères qui peuvent amener en quelques heures autant de pluie qu’il n’en tombe d’ordinaire en un ou plusieurs mois.

Beaucoup de pluie sur des sols fragiles ou imperméables
En surface, la terre nue ou récemment travaillée (déchaumage après la moisson) est une couche de poussière extrêmement fine que la ruissellement va emporter dans les pentes en des torrents de boue. Voir ici un article d’Ouest-France de 2025. L’effet du ruissellement va encore être accentué parce que sous la couche de poussière, le sol s’est compacté au point d’être imperméable. Et si la surface est imperméable, l’eau va stagner, s’accumuler, ou se précipiter vers le point bas. Voir mes deux billets Imperméabilisation (histoires d’eaux 14) et Imperméabilisation, suite (histoires d’eaux 14 bis). Les coulées de boue provoqueront des dégâts immédiatement visibles : elles se déverseront sur les routes (c’est là qu’on les verra le plus), elles viendront charger l’eau des ruisseaux et rivières et perturber le fonctionnement des stations de production d’eau potable.

Une étude du CELAGRI (histoire belge)
Le CELAGRI est la Cellule d’Information Agriculture compile des informations sur les pratiques agricoles en Wallonie. L’objectif est de donner des réponses aux polémiques en lien avec l’agriculture et ses productions, tout en donnant le point de vue et les paroles aux producteurs. Le CELAGRI a publié un dossier Agriculture et coulées de boue, tout à fait intéressant. À télécharger ici.

Appauvrissement des sols
Mais, la boue emportée ainsi représente la couche la plus riche des terres cultivées. Nos sols ravinés seront plus pauvres, moins productifs.
Les terres couvertes de végétations, les prairies en particulier, résisteront mieux au ruissellement et même stockeront en surface une partie de l’averse, un peu comme une éponge. Réduire le ruissellement, ralentir le chemin de l’eau sans le bloquer : essentiel !

Dans la lettre de l’Aric n° 313, L’eau choix politique local, Fabrice Caro, maire adjoint à Cruguel (56), président du SMGBO (Syndicat mixte du grand bassin de l’Oust), répond à cette question fondamentale : Comment ralentir le chemin de l’eau?
Pas de solutions simples, ni simplistes
Yaka Faukon! Faisons des retenues, des barrages, des réserves, ayons tous et chacun une citerne pour recueillir les eaux de pluie (les citernes sont à sec depuis un moment), et débarrassons-nous par la même occasion des escrolos et de l’écologie punitive.
Elle est déjà là, la punition : la sécheresse, les canicules.
