Mercredi 8 juillet,Questembert Communauté organisait une réunion publique afin de présenter le PADD (Projet d’Aménagement et de Développement Durables), une étape importante dans la préparation du PLUi (Plan Local d’Urbanisme intercommunal). L’assemblée était clairsemée. Dommage.

Une assemblée clairsemée
Malgré le travail de communication – que je relaie parce que je suis convaincu de l’importance des enjeux – les habitants, les citoyens ne se sentent pas assez concernés. Pour trop de gens, le PLU devient important quand leur terrain peut devenir constructible (quelle formidable plus-value) ou risque de ne plus l’être. Et pourtant, les orientations que définira le PLU auront des effets à très long terme sur notre territoire. Alors au moins peut-on attendre que les élus, tous les élus, s’informent de façon approfondie sur les différentes phases de l’élaboration et fassent valoir publiquement leur point de vue, et même leurs divergences. Une nécessité encore plus forte pour les nouveaux élus qui, probablement, n’ont jamais eu l’occasion de se pencher sur les questions d’urbanisme. J’avoue que certaines absences m’ont surpris : il ne faut pas se contenter de déclarations d’amour, il faut aussi apporter des preuves d’amour.
Une présentation accessible
L’avancement du PADD débattu en conseil communautaire le 8 décembre 2025 a été présenté par le bureau d’études La Boîte de l’Espace qui conduit le projet, assisté par DMeau, un cabinet spécialisé en hydraulique, gestion des milieux naturels et aménagement et par les avocats du cabinet Giroud, spécialiste du droit de l’urbanisme.
Le support de présentation est en ligne sur le site de Questembert Communauté et chacun peut donc le consulter. Sur le site, vous trouverez également le PADD débattu au conseil communautaire, ainsi que le support de la présentation du PLUi en octobre 2025 et le diagnostic réalisé au départ.
Trame verte, trame bleue
Le livre de la Genèse installe l’être humain comme maître du monde : Dieu les bénit et leur dit : « Soyez féconds et multipliez-vous, remplissez la terre et soumettez-la. Soyez les maîtres des poissons de la mer, des oiseaux du ciel, et de tous les animaux qui vont et viennent sur la terre. » Dieu dit encore : « Je vous donne toute plante qui porte sa semence sur toute la surface de la terre, et tout arbre dont le fruit porte sa semence : telle sera votre nourriture. » Notre civilisation s’est fondée sur cette appropriation du monde : il est là pour nous.
Aujourd’hui, nous avons pris conscience que nous sommes seulement une part de l’éco-système vital, des êtres vivants parmi d’autres, partageant les mêmes ressources. Nous devons protéger ce socle vital, vivre avec ses ressources, organiser la coexistence de tous les vivants, respecter la biodiversité. (En ce moment, la biodiversité a Duplomb dans l’aile). Notre PLUi doit nous amener à vivre dans notre environnement : le saccager, c’est nuire à notre propre vie.
Il nous faut donc identifier et respecter la trame verte et la trame bleue. Derrière ces expressions imagées, il faut comprendre ce qui concerne l’eau (les cours d’eau, les zones humides) et le végétal (les haies, les arbres, les boisements). Des milieux à protéger et à renforcer si nécessaire.
Voir plus de détails dans les vues 14 à 19 de la présentation.

Sobriété foncière
Protéger les milieux naturels impose de réduire au maximum notre consommation de l’espace. Je préfère le mot consommation au mot artificialisation employé par les urbanistes et les politiques qui donne à penser qu’on peut revenir en arrière, désartificialiser, en quelque sorte. L’archéologie nous révèle au contraire que ce n’est pas complètement réalisable : les photos aériennes ont ainsi permis de voir la trace de villas gallo-romaines. (Voir cet article de l’Inrap sur l’archéologie aérienne dans le massif armoricain). Et nous avons aussi un exemple chez nous : les obligations d’archéologie préventive ont conduit à la découverte d’un site gaulois à Kerhardy.

Or le grignotage des terrains naturels par l’urbanisation, mais aussi par les infrastructures (routes, autoroutes, aéroports) s’est accéléré et chaque année, la France perd 20 000 à 30 000 hectares d’espaces naturels. La loi climat et résilience de 2021 veut inverser la tendance en posant un objectif de zéro artificialisation nette (ZAN) des sols d’ici à 2050. Au niveau régional, cet objectif est repris dans le SRADDET (Schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires) et il se décline au niveau des Plans locaux d’urbanisme. Ainsi, pour toute la Communauté, nous ne devrons pas consommer plus de 86 ha d’ici 2030 (mais nous en avons déjà mangé une partie) et seulement 43 ha entre 2030 et 2040.

Évidemment, les démagogues populistes s’érigent en défenseurs des petites communes, de la ruralité, et tentent d’assouplir ces contraintes du ZAN « inventées par des technocrates hors-sol ».
Le futur PLUi devra donc respecter ces objectifs de sobriété foncière. Le PADD a exploré plusieurs pistes : remettre en habitat les logements vacants, densifier (division des parcelles trop grandes, remplir les dents creuses), faciliter les changements d’usage (bâtiments agricoles à valeur patrimoniale), et, en dernier ressort, rendre constructibles des espaces naturels.
Plus d’habitants, plus de logements
Pour élaborer le PADD et définir les besoins en logements, les élus se sont appuyés sur les projections démographiques de l’INSEE : avec une croissance de 0,07 % par nous aurons 2200 habitants de plus d’ici 2035… mais il nous faudra 1650 logements supplémentaires : il n’y a de moins en moins d’habitants par logement. Et donc prévoir des logements plus petits. Il faudra aussi une bonne part de logements abordables, car les nouveaux habitants ne sont pas tous des retraités aisés venant des grandes villes.
Pour ces nouveaux habitants, mais aussi, ceux qui sont déjà là, il faut prévoir des emplois (zones d’activités), des commerces et services, des facilités de déplacement. Des sujets que traite aussi le PADD et qui se traduiront dans le PLUi.
Un résumé en image

Et la suite
J’ai écrit ce billet pour vous donner envie d’aller voir de plus près, car je n’ai pas fait une présentation exhaustive du PADD. Et aussi pour vous inviter à participer à la concertation. C’est notre avenir sur notre territoire.

