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Centre-ville, un regard extérieur, et cruel

A travers le site Questembert-Créative-et-Solidaire, porté par les élus minoritaires du mandat précédent 2014-2020, j’ai reçu, en tant qu’administrateur du site, un message que je souhaite partager avec vous. Notre correspondante, de la Presqu’île Guérandaise, porte un regard acéré sur notre centre-ville. Son message nous donne une idée du défi qui attend la nouvelle municipalité, les commerçants du centre, l’UDEQ et aussi tous les Questembertois, en tant que consommateurs et en tant que citoyens.

Pourquoi ce message sur Questembert-Créative-et-Solidaire?

Une question à laquelle il faut donner une réponse préalable à tout débat. Que ce message tombe sur notre site du groupe minoritaire – qui reste en ligne, mais qui n’est plus du tout activé – montre à quel point la communication officielle de la mairie a été défaillante. Mme Martin et ses amis nous avaient d’ailleurs reproché d’être trop visibles et, en quelque sorte, d’usurper la place ! Pourtant, ils s’étaient dotés, pour un peu plus de 10 000 euros, d’un site officiel conçu par des professionnels. Encore eût-il fallu faire vivre ce site, le rendre attrayant et y diffuser des informations intéressantes.

Dans cet article Informer, communiquer, une obligation pour les élus, que j’ai publié le 13 mars, je signalais que la page budget du site évoquait le budget voté en mars 2018!

Je suis au regret de constater que la page n’a pas encore été mise à jour;
il est vrai que la nouvelle municipalité a eu d’autres chats à fouetter et que le budget 2020 n’a été voté qu’au conseil du 29 juin.

Le premier message de notre correspondante
Bonjour
Venant (et native) d’une presqu’île guérandaise dont les prix de l’immobilier et l’affluence touristique me la rendent hélas rédhibitoire, je cherchais, pas trop loin, une petite ville avec divers paramètres importants pour moi (une école Diwan, même si, à présent grand-mère, je n’ai plus d’enfants à y amener, une identité bretonne annoncée si possible par des panneaux bilingues, une rue ou une place regroupant commerces, bistrots et autres lieux amenant une certaine animation, et cerise sur le gâteau, une gare en fonction…).
Questembert me semblait parfaite, avec en plus ses marchés sous vos belles halles. Ce que j’avais lu de la vie associative me plaisait aussi, bref, tout bien.
Donc j’y passe au milieu du mois d’août, rapidement, en me disant que j’y reviendrais en septembre, plus au calme, mais… énorme surprise : le calme – et c’est peu de le dire – je l’ai trouvé à un point que je n’imaginais pas en cette période ! En arrivant sur la petite place où il y a la maison de la presse ; j’ai pensé « voilà le début du coin commerçant, même s’il n’y a pas grand chose en face. La suite des magasins se trouve sans doute plus loin ». Mais plus loin… rien (sauf les halles, magnifiques) Nettement plus loin, une autre place, mais bien tristounette.

Ai-je mal regardé ou les commerces à Questembert sont-ils une boulangerie à un endroit, sans voisin commerçant, une boucherie à un autre endroit, sans voisin commerçant, une pharmacie à un troisième endroit, etc? Tous isolés les uns des autres, sans continuité ? Je me dis que j’ai sans doute mal vu, ou alors le quartier commerçant, c’est la gare (mais ça m’a plutôt semblé être ce qu’on appelle une « zone commerciale », avec ce que ça implique de particularité).
J’ai refait un tour, suivi le panneau « tous commerces » (ou quelque chose comme ça, je ne sais plus), mais je suis retombée sur la place tristounette, puis la rue menant aux halles et à la petite place de la Maison de la presse.
Les touristes ne m’ont pas gênée, c’est sûr, donc sur ce point ce n’est pas Guérande, ouf. Mais j’aurais bien souhaité une demi-mesure.
Pas de panneau bilingue non plus à l’entrée de la ville, ce qui m’a étonnée de la part d’une commune abritant une école Diwan.
Bref ; j’avoue avoir été très très très destabilisée (et le suis encore, à ce que
vous pouvez voir !) par cette visite dans un Questembert qui pourtant j’en suis certaine est plein de bonnes et belles choses et de belles âmes dévouées à sa vie associative. Et donc je voulais vous faire part de ce ressenti, que j’espère vous recevrez tel qu’il se veut : l’expression d’une grosse surprise, et en aucun cas un jugement de valeur. Mais voilà, je cherche l’explication…
Bien cordialement
Marie-Christine
PS : j’ai cherché un forum « commerces » pour mettre ce message, mais ne l’ai pas trouvé.
— Envoi via le site Questembert, créative & solidaire (https://www.questembert-creative-so…)

Et plus encore…

J’ai répondu à ce premier message en arguant que c’était peut-être un mardi, jour de fermeture, que la crise sanitaire avait ébranlé plusieurs commerces, qu’à la fin de cet été on sentait un regain de vitalité. Je l’ai invitée aussi à entrer en contact avec les responsables de la municipalité. J’ai bien précisé aussi que le site Questembert créative et solidaire n’était plus actif. J’ai reçu en retour un nouveau message.

Merci pour cette sympathique et honnête réponse. On vous devine désabusé et je le comprends : moi-même qui ne suis pas de Questembert et n’ai donc aucune raison d’être triste d’en voir l’état, j’en suis repartie assez éberluée. Comment une ville qui semble avoir tant d’atouts géographiques (au moins autant en tout cas que certains bourgs du quasi centre-Bretagne – pourtant pas l’Eldorado ! – qui s’en sortent, bien que n’ayant ni gare, ni grand axe routier à proximité immédiate ou un peu plus éloignée  !!!

J’avais sans doute trop investi « affectivement » dans une ville qu’au fond je ne connaissais que sur le papier (se méfier du papier !!!)  et qui semblait correspondre à tout ce que je recherchais (sauf tout de même : pas de panneau bilingue, au moins en entrée et sortie de ville,  quand on abrite une école Diwan, voilà encore quelque chose qui détone à Questembert. Ne serait-ce que pour le marketing : le breton plaît aux touristes, les 200 euros du panneau sont rentabilisés… ?)

Hélas non je ne suis pas passée un mardi mais un mercredi ou un vendredi, de mémoire.

Enfin voilà, je suis donc à la recherche d’une autre commune, je pense à Locminé ou Ploermel, un peu grandes mais qui pour beaucoup de choses cadrent avec mes paramètres (un bon bagad ? ; une UTL, une belle identité bretonne…). Beaucoup plus loin de ma chère (à tout point de vue) presqu’île guérandaise, mais tant pis ! Nous verrons bien.

En tout cas, du fait que je ne vise hélas  plus Questembert pour les raisons que vous savez, donc je ne m’engagerai pas dans un échange avec la nouvelle municipalité.

Et maintenant, on fait quoi?

J’ai mis ce message pour provoquer la réflexion, le débat. A vous maintenant!

PS S’agissant du bilan de la municipalité sortante

J’ai envie de compléter la réflexion engagée en vous référant au paragraphe Centre-ville de mon article du 3 février 2020 Une brassée de roses pour Mme Martin

5 réflexions au sujet de « Centre-ville, un regard extérieur, et cruel »

  1. Bonjour,
    Je me permets d’apporter ma pierre, effectivement Questembert est une ville type  » centre Bretagne » c’est à dire au premier abord aucun atout « naturel », mais ces villes types on réussi à faire des efforts pour attirer, je pense à Locminé, Loudéac ou encore la meilleure Carhaix. Elles ont su attirer les commerces tout en conservant les commerces de proximité (sauf Loudéac dont le centre dépérit) mais elles ont aussi joué la fibre culturel (Carhaix) sportive (handball Loudéac en national), mais aussi leur identité bretonne mise en avant.
    C’est bien cela qu’il manque à Questembert, qui a pourtant un gros potentiel, ville à la campagne, l’identité bretonne multiple: Gallo et Breton n’ont jamais été mis en avant, le bilinguisme très peu soutenu, ce qui a causé en partie la mort malheureuse de Diwan qui a pourtant initié le bilinguisme scolaire dans la ville!
    Rochefort a une forte identité patrimonial, pourquoi Questembert ne deviendrait pas une place forte culturelle?
    De même de façon général je trouve que les associations ne sont pas vraiment mises en avant, peut être que la nouvelle municipalité changera la donne.
    Niveau commerce aucun attrait, sauf quelque commerces, on dirait parfois que les murs vont tomber, après c’est aussi une question de budget mais la ville pourrait elle faire quelque chose, uniquement pour les petits commerces je pense, quand je vois le parking d’une grande surface en plein centre plein de nids de poule…
    Il manque également de grandes entreprises pour attirer les travailleurs.
    Mon message était plus un constat qu’un apport d’idées mais je suis sur que d’autres apporteront des solutions pérennes pour Questembert.

  2. Merci pour vos observations que je partage en grande partie. Dans les atouts, vous oubliez la gare avec des liaisons TER en grand nombre.
    Dans mes trois mandats, j’ai toujours insisté sur l’offre culturelle: Festives Halles, Festi’mômes, Salon du livre de jeunesse appuyé sur la nouvelle médiathèque ouverte en 2001, soutien au cinéma IRIS, création de la salle culturelle Asphodèle.
    Nous avions une vraie politique de soutien aux associations; juste un exemple parmi d’autres : voyez comment est née l’association Violoncelles en Morbihan que je raconte en annonçant le concert de 2017 à l’Asphodèle (http://www.questembert-creative-solidaire.org/Dimanche-27-les-Violoncelles-a-l,1364.html).
    Vous évoquez le commerce, comme le fait notre correspondante guérandaise, mais n’oubliez que le commerce c’est aussi des clients, des consommateurs, dont les modes de vie ont bien changé. J’ai rappelé ces éléments de base dans mon article sur les Territoires Abandonnés (https://www.questembert-creative-solidaire.org/Territoires-abandonnes,1482.html)
    Quant à l’emploi, il faut toujours raisonner en termes de « bassin d’emploi » et bien regarder les faits tels qu’ils sont présentés par exemple dans le dossier communal de l’INSEE. Ainsi, on parle trop souvent de Questembert cité dortoir, mais ce serait bien de vérifier, de se demander ce que veut dire cette expression : on dort à Qt, on n’y travaille pas, on n’y a pas son emploi. Selon l’INSEE, il y a (en 2017) 2621 emplois à QT, 2946 résidents ayant un emploi. L’indicateur de concentration d’emplois est de 88,9, en baisse par rapport depuis 2007 (fermeture d’EGC, par exemple?). En réalité, à peu près la moitié des actifs travaille à Qt, les autres bossent dans d’autres communes, la moitié des emplois de Qt est occupée par des gens qui vivent et dorment dans d’autres communes. Notez que les trajets domicile-travail se sont allongés : par exmple, il y a de plus en plus de gens qui vivent à Qt et travaillent par exemple à Rennes, gare au service de la gare. https://www.insee.fr/fr/statistiques/2011101?geo=COM-56184.

  3. Je dirais même plus, comme Dupont/Dupond : pour la vie culturelle, voyez le programme de rentrée de l’Iris Cinéma : https://questembert-regard-citoyen.fr/?p=781; réservez votre soirée du vendredi 25 septembre pour l’ouverture de la saison culturelle à l’Asphodèle https://www.facebook.com/lasphodele.questembert
    Sans oublier la braderie de livres de la médiathèque le samedi 26 septembre sous les halles https://www.facebook.com/mediatheque.dequestembert

  4. Bonjour à tous
    ayant été un peu à la base de cet échange, je reviens sur les propos de Jérémy, qui traduisent tout à fait mon ressenti
    J’ai déjà parlé de l’aspect culture bretonne (et Jérémy a raison d’y inclure le gallo), mais vous savez bien cher Jérémy, que le souhait d’une mise en avant de cette culture bretonne, sauf quand elle est hyper rentable (façon festival interceltique ou boutiques gadgéto-alimentaires) est vue comme quelque chose d’assez anecdotique par les élus, quel que soit leur bord : il se pose toujours sur ce type de souhait un regard qui va du simple « bon allez, on va donner une ou deux miettes à ces petits rigolos » au « attention danger, séparatisme » (surtout par les temps qui courent, où le mot – mal choisi en l’occurrence selon moi puisque visiblement il ne concerne pas les cultures minorisées « régionales », blessure qu’on souhaiterait ne pas voir réouverte – occupe le devant de la scène).

    Je trouve que les directions culturelles indiquées par Jérémy sont très intéressantes.

    Mais au-delà de ça, c’est la comparaison économique que fait Jérémy avec le Centre-Bretagne qui rejoint tout à fait mon avis.
    Dans mon échange avec Monsieur Paboeuf, je demandais: « Comment Questembert, qui dispose de tant d’atouts, réussit-elle à faire moins bien que des villes du Centre-Bretagne, qui ne sont tout de même pas l’Eldorado !!! »
    J’ai fait les mêmes comparatifs que Jérémy, et en effet, mon choix de vie se porte sur Locminé (qui n’a pas de gare !), mais ça n’a pas été sans hésiter avec d’autres bourgs de Centre-Bretagne tout à fait intéressants, pas du tout « paumés » contrairement à la réputation qu’on veut bien leur faire et le regard un peu apitoyé que certains posent sur eux. Il y a bien sûr aussi quelques problèmes à Locminé, mais le ville parfaite n’existant pas, j’ai fait mon choix en fonction de mes paramètres essentiels (culture bretonne, ouverture culturelle et humaine sur le monde, position géographique, UTL avec programmes de conférences très intéressant et qui sort des sempiternels sujets bateaux…). Bref, une révélation !

    Je suis consciente de ne rien apporter de constructif à cette discussion, mais peut-être qu’il est bon aussi de savoir faire mentir l’adage « Quand je me regarde je me désole, quand je me compare je me console », et de justement, se comparer, comme Jérémy le fait, en acceptant de nous désoler, mais… en étant décidé à réagir !
    Nul doute que Questembert trouvera un jour le moyen de (re)devenir dynamique.
    Bien cordialement,
    Marie-Christine

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