Sauver l’étang de Célac? (Histoires d’eaux 7)

Voici une 7ème page de mes Histoires d’eaux. Commencée avec l’eau des puits et des fontaines de village, des puits publics en ville, de l’eau des lavoirs, de l’eau des marais et des prés mouillés dans Histoires d’eaux 1, la série m’a conduit à regarder le changement radical des années 50 avec L’eau à la maison, histoires d’eaux 2, premières réponses pour amener l’eau à la maison : pompes à béliers, électropompes, réseaux de village puis la construction des réseaux d’eau potable et de tout-à-l’égout dans la ville dans Le service d’eau (Histoires d’eaux 3). Le 4ème article L’eau désirée, l’eau rejetée (Histoires d’eaux 4) soulignait à la fois la peur de l’eau dont on se débarrasse au plus vite et le désir de l’eau. Le 5ème volet s’attachait aux charmes et plaisirs de l’eau. Le dernier article publié rappelait la mode, aujourd’hui passée des étangs, lacs et plans d’eau.

Sauver l’étang de Célac, vaste ambition, mais de quoi donc faut-il le sauver ? De l’envasement ? Alors, il faut sans doute aller chercher le concours d’Hercule qui détourna un fleuve pour nettoyer les écuries d’Augias. Mais on comprend vite qu’il s’agit de sauver l’étang de la volonté destructrice d’une municipalité aveugle (et accessoirement technocratique, sectaire et ignorante).

Le curage de l’étang ? fastoche

Ils nous expliquent qu’ils ne sont pas opposés à la réhabilitation du Tohon/St-Éloi et ils proposent d’abord la création d’une zone humide et protégée entre la rue du pont a Tan et l’amont de l’étang. Créer une zone humide ? Ou alors réinventer l’eau tiède ? Car la zone humide, elle est déjà là ! Sans doute, elle mériterait d’être réhabilitée, car elle est encombrée d’arbres enchevêtrés : l’étape qui suit l’envasement, c’est l’atterrissage. Pour ma part, j’avais porté un projet de coulée verte qui incluait le traitement de ce vallon. Et j’avais fait acquérir par la mairie deux parcelles qui séparaient l’étang des marais en amont jusqu’au Pont-à-Tan, déjà propriétés de la commune.
La deuxième proposition, le curage de l’étang, est à fois une évidence et une quasi impossibilité. Pas question aujourd’hui de reprendre la méthode pompage et refoulement utilisée en 1997 : le pompage, comme celui qui se pratique pour les lisiers agricoles, provoque le brassage des boues qui serait destructeur pour le milieu dans l’étang même et forcément en aval. Sans parler des volumes à évacuer (vers où?) : 10 à 15 000 m3 de boues liquides avec des tonnes ou des remorques étanches. Combien? au moins 500 de 20 m3.

au minimum 500 de ces remorques étanches?

Vider l’étang? indispensable
Eh oui, avant toute opération de curage, il est indispensable de vider l’étang, de le mettre à sec.
Il faut le dire, ne pas le cacher, ne pas sauter cette étape : pour réhabiliter le Tohon/St-Éloi, – si l’on accepte cette nécessité – il faut commencer par assécher l’étang. Cela se fera de façon méthodique, avec le concours des pêcheurs de la Fédération du Morbihan pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique qui, au rebours des dirigeants actuels de la Truite Questembergeoise, est engagée pour la renaturation globale du Tohon/St-Éloi. Il y aura donc des pêches de sauvegarde, sans doute des pêches électriques qui sont très réglementées, conduites sous dérogation, pendant lesquelles les poissons sont étourdis par un champ magnétique.

image Eaux et Vilaine

Qui pilote l’opération… et qui paie ?
Tout ce qui concerne la Gestion des Eaux et des Milieux Aquatiques et la Protection contre les inondations (GEMAPI) relève, non pas des communes, mais des communautés de communes. Questembert Communauté a confié ce rôle à Eaux et Vilaine qui conduira l’opération et en assurera le financement. Pour une action plus globale sur le site, la commune de Questembert s’est associée à Eaux et Vilaine, ce qui permettra des cofinancements de l’Agence de l’eau sur l’ensemble du chantier. Le Conseil départemental sera également impliqué parce que le ruisseau passe sous la route départementale.

Après la réunion de présentation, des ateliers participatifs

Des ateliers participatifs
C’est autour de ce projet d’ensemble que nous sommes tous conviés à nous inscrire dans ces ateliers qui vont commencer prochainement. Une occasion d’explorer de façon contradictoire les choix et les attentes de Questembertois et de tracer des pistes d’aménagement.

Nous aimons tous cette vallée
Et c’est parce que nous aimons tous cette vallée, telle qu’elle est aujourd’hui. Tous, même les élus de maintenant, comme ceux d’hier et d’avant-hier. Ont-ils manqué à leurs devoirs parce qu’ils n’auraient pas entretenu l’étang ? Comme si cela se faisait à la manière d’une casserole ou d’une (grande) bassine. Il faudrait alors clouer au pilori les élus pour n’avoir pas, en 1972, écouté l’avis des pêcheurs qui proposaient de dissocier l’étang et le ruisseau, ce qui aurait évité ou au moins réduit l’envasement. Évitons de juger avec nos idées et savoirs les actions d’autrefois. Et notre attachement au site de Célac ne doit pas non plus nous empêcher de penser et d’agir selon les éclairages que nous apportent les spécialistes de l’environnement.
Il nous faut nous référer à tous ces éclairages scientifiques pour imaginer l’aménagement futur de la vallée, en tenant compte des exigences environnementales et de nos attentes en matière de loisirs, d’esthétique.
Évidemment, il aurait été tellement plus simple de se contenter d’une consultation menée à l’aveugle sur le maintien ou la suppression de l’étang. Solution de facilité, qui dispense de réfléchir. Et qui a l’avantage d’être un fonds de commerce commode pour des opposants en mal de légitimité. Pour ma part, je pense que la démocratie impose de faire partager aux citoyens la complexité des problèmes afin de préparer une décision collective acceptable qui sera assumée par les élus désignés par l’élection.

Un exemple de ce qui s’est fait ailleurs

7 réflexions au sujet de « Sauver l’étang de Célac? (Histoires d’eaux 7) »

  1. effectivement il y a eu des erreurs , mais a l’époque il n’avaient pas les outils d’aujourd’hui , il est vrais aussi que cet étang fait le bonheur des promeneurs mais je ne vois pas la municipalité actuelle de supprimer cet étang pour nous ennuyer ou nous blesser , laissons a la nature reprendre sont droit , et laissons au professionnels la gestion de ce site.

    1. En effet, ce qui paraît aujourd’hui une évidence était au moment de la décision le meilleur choix, le plus raisonnable, le plus souhaitable. Et souvent un compromis entre plusieurs solutions. Heureusement, il arrive aussi que des élus aient une vision plus ouverte que bien des citoyens.
      Quand il s’agissait de réaliser l’adduction d’eau ou l’électrification, il y avait beaucoup d’avis divergents! A revoir ici
      Et j’ai de multiples exemples plus récents!

  2. Eh oui, la première étape sera la mise à sec de l’étang. L’ASEC ne le dit pas maintenant, elle attend d’accuser le maire de ce forfait.
    L’ASEC nous parle de protéger la biodiversité (les cygnes, les poules d’eau) et pourtant la biodiversité est fortement dégradée par l’étang actuel.

    Ne nous laissons pas tromper

  3. Courrier adressé à l’ASEC (en plusieurs parties)
    Nous avons déjà échangé antérieurement par voie de courriels sur les travaux /aménagements prévus concernant l’Etang de Célac.
    Un nouveau dépliant émanant de votre association (ASEC) et de l’ASEGAR déposé dans ma boite aux lettres, ainsi que les interventions que vous avez faites lors de la réunion publique organisée au Lycée, m’incitent à tenter de prolonger mes questionnements. (Qq précautions impératives de santé ne m’incitent pas à participer en direct et à débattre en réunions).

    En outre je reste médusé par ce que j’ai cru percevoir de vos positions … D’où mon interpellation par ce courriel.
    La question posée autour de l’étang de Célac, me semble-t-il, est typiquement centrée sur la recherche des solutions susceptibles de régler le moins mal possible une série de problèmes difficiles faits de dysfonctionnements autour d’aménagements, d’installations historiques et de modes de gestion passées d’un bassin versant .. et au regard de réglementations qui ont été produites historiquement par nos pouvoirs publics …non sans raisons.

  4. Courrier adressé à l’ASEC (suite)
    Il s’agit donc bien d’intérêt général dont les équipes municipales successives sont garantes…

    Or il me semble que la formulation décelable de votre objectif associatif et le contenu de vos interventions font trop peu de cas de la totalité des questions d’intérêt général posées …

    à suivre

  5. Courrier adressé à l’ASEC (suite)
    En outre , les interpellations, leur tonalité, les accusations adressées à l’équipe municipale actuelle en réunion publique… me semblent relever bien plus de parti pris et d’orchestration politique que de débat « démocratique » dont vous revendiquez pourtant la pratique… mais qui me semble bien plutôt donneuse de leçons !
    Je me permets de vous ré-adresser un document qui reflète encore , à distance de qq années, et à partir de ma propre expérience, ce que je pense de la situation.
    Ce sont, très largement, des extraits d’arguments adressés successivement aux équipes municipales qui se sont succédé à Questembert (Mr Paboeuf, Mme Martin)
    (le même courrier est adressé à la municipalité)

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